Covid-19 : les scénarios possibles pour les mois à venir

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Le Covid-19, un virus redoutablement efficace
Plus de 8600 personnes ont contracté la maladie en seulement un mois et 177 Calédoniens en sont morts. L’Institut de Recherche pour le Développement essaie alors d’anticiper la suite en s’appuyant sur deux paramètres : la vitesse de vaccination et la dynamique de l’épidémie après le confinement.

Le 6 septembre dernier, le pays tirait un trait sur son statut covid-free. Face à un variant delta très contagieux, les cas se sont multipliés extrêmement vite sur tout l’archipel, malgré un confinement décrété aussitôt.

En un mois, la Nouvelle-Calédonie est passée de 3 à 8656 cas. Une des raisons est le faible taux de vaccination au début de l’épidémie mais d’autres facteurs expliquent ce phénomène. "Nous n’avions plus de gestes barrières car nous étions covid-free, c’était une période avec beaucoup de rassemblement comme des mariages et les premiers cas ont été détectés très tard ", retrace Morgan Mangeas, directeur de recherche à l’IRD et spécialiste de la modélisation en épidémiologie.

Avant le confinement, une personne positive au virus pouvait contaminer huit autres personnes

D'après les scientifiques, le confinement a permis de freiner la progression du virus et d’éviter un scénario polynésien, avec un nombre de morts encore plus important. En effet, avant le confinement, une personne malade pouvait en contaminer huit autres et grâce au confinement, une personne avec le virus en contamine maintenant deux.


Avec 177 décès en un mois, les courbes de la mortalité restent néammoins supérieures aux prévisions des scientifiques, soit plus de 40% de plus que les estimations au 1er octobre. "On s’appuie sur des données qui sont standardisées à une échelle soit internationale, européenne ou française. On s’aperçoit qu’on est sur des proportions qui sont plus importantes en Nouvelle-Calédonie. Ça a été une petite surprise même si les docteurs mentionnaient depuis un moment que le pays est plus vulnérable que d’autres", expose Morgan Mangeas.

Deux scénarios possibles suivant la vitesse de vaccination

Par ailleurs, si le pic des hospitalisations semble dépassé depuis le 1er octobre, la décrue s’amorce lentement. 

Malgré tout, certains pronostics restent optimistes à condition de maintenir les efforts sur la vaccination et les gestes barrières pendant encore deux mois environ. "On ne reviendra jamais à du covid-free, par contre on est sur un très bon objectif qui est de pouvoir enlever le masque et revenir à une vie normale en décembre", déclare Morgan Mangeas.

"Si on a une vitesse de vaccination qui stagne, on pourrait observer un rebond des cas avec un hôpital sous pression en fin d’année. Si la vaccination s’accélère, on pourrait se retrouver avec seulement une ou deux personnes en réanimation en décembre."

Une question se pose maintenant : quel sera l’impact du retour en classe des élèves à partir du 12 octobre

Le reportage de Coralie Cochin