Démantèlement du Kea Trader : les entreprises calédoniennes veulent participer au chantier

Le Kea Trader pris depuis le Gardian de la Marine le 26 décembre.
Les entreprises calédoniennes aimeraient contribuer au chantier de démantèlement du Kea Trader. Alors que le porte-conteneurs gît toujours sur le récif Durand, il semble que le prestataire pressenti par l’armateur britannique ait prévu d’assurer seul l’enlèvement de la carcasse.
Petites mais robustes, voilà en quelque sorte le plaidoyer des entreprises calédoniennes désireuses de participer au démantèlement du Kea Trader. Elles se sont organisées, regroupées en «Intercluster» pour parler d’une seule voix et tenter de convaincre l’Etat d’intervenir en leur faveur dans ce dossier. Car selon la procédure, c’est l’Etat qui doit valider, in fine, le choix de l’armateur.

«Inacceptable»

Pour l’heure, trois sociétés ont répondu à l’appel d’ordre mais le favori ne souhaite pas faire appel à la sous-traitance locale. Une situation inacceptable pour l’Intercluster Nouvelle-Calédonie. Son président l’assure, les entreprises calédoniennes ont un vrai savoir-faire à mettre en avant.

«Retombées non négligeables»​

«Nous avons capacité à travailler à hauteur de 30 à 40% du marché, défend Jean-Patrick Lerandy. Ce qui pourrait avoir des retombées non négligeables. Après, enlever un navire de ce niveau-là - il faut rappeler qu’il fait 184 mètres de long - qui pèse plus de 10 000 tonnes de ferraille, sur un récif en plein milieu de l’océan… Mais pourquoi pas mettre des entreprises calédoniennes auprès de celui qui sera choisi? Il y a toute la phase de préparation sur laquelle on pourrait intervenir. Il existe encore 80 conteneurs sur ce bateau, qu’il faut continuer à dépolluer.»
Ecoutez ses propos recueillis par Angélique Souche.

Contribuer 

Jean-Patrick Lerandy se veut donc lucide. A l’évidence, les entreprises de Calédonie ne peuvent pas affronter seules les 21 000 tonnes du Kea Trader. Mais elles peuvent contribuer à la réussite de l’opération, et du même coup bénéficier en partie d’un marché de plusieurs milliards de francs. Ce qu’il a expliqué ce jeudi au haut-commissaire, mais aussi au représentant de La République en Marche de Nouvelle-Calédonie.

«Caractère d'urgence»

En espérant que le message parvienne au plus vite au sommet de l’Etat, car sur le récif, la situation est critique. «Il y a aujourd’hui un caractère d’urgence, insiste le président de l'Intercluster. Le bateau est coupé en deux, une partie bouge. Si demain nous avons du mauvais temps et que ça s’accentue, on peut retrouver ce navire découpé, peut-être, en trois morceaux…»

A suivre

Un feuilleton encore à suivre que celui du Kea Trader. Une fois achevé ce chapitre économique, un autre suivra, probablement plus douloureux: celui du bilan écologique.