Disparition, commémorations, devoir de mémoire : Gaby Briault, invité de la matinale

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Gabu Briault
Gaby Briault était l'invité de la matinale. ©NC La 1ère
Il y a 69 ans, le caboteur "La Monique" disparaissait tragiquement entre Tadine et Nouméa. A bord du navire, 126 personnes, dont Georges Briault, le frère aîné de Gaby Briault. Pour la première fois, il est revenu sur ce drame familial et le difficile chemin du deuil. Il était l’invité de la matinale le lundi 25 juillet. Témoignage.

Dans la famille Briault, il est des dates particulièrement douloureuses. La nuit du 31 juillet au 1er août 1953, jour de la disparition de "La Monique", est de celles-là. "On a jamais fait le deuil dans la famille. Maman a toujours pensé que Georges était vivant ailleurs", confie Gaby Briault. Ce dernier est le petit frère de Georges Briault, jeune capitaine en second disparu tragiquement à l’âge de vingt ans. "Mon frère venait d‘avoir son bac et pour se faire un peu d’argent de poche avant de poursuivre ses études supérieures, il naviguait sur des bateaux qui appartenaient à la compagnie de la société des Îles Loyalty, où travaillait mon père", poursuit-il.

La vie demeurait normale au sein de la famille avec beaucoup de pudeur et de dignité.

Gaby Briault

Gaby Briault n’avait que six ans lorsque La Monique a disparu. "Mes parents ne m’ont pas vraiment expliqué qu’il avait disparu. La vie demeurait normale au sein de la famille avec beaucoup de pudeur et de dignité comme dans de nombreuses familles frappées par ce drame". Mais, il se souvient des nombreuses prières chaque soir et des visites à la Cathédrale de Nouméa, "maman me faisait m’agenouiller dans le lit et je devais prier comme elle". Des années plus tard, Gaby Briault comprend que son frère ne reviendra pas. A ce jour, aucun corps n’a été retrouvé, "dans ces conditions, le deuil est impossible. C’est une disparition inexpliquée. C’est un sentiment très particulier même dans mon esprit".

Devoir de mémoire

A bord du caboteur, 108 passagers et 18 membres d’équipage. "126 personnes dans une Calédonie qui ne comptait qu’une dizaine de milliers d’habitants à cette époque a été un drame commun. Il y avait des familles de tous horizons, c’est vraiment un tragique destin commun", souligne Gaby Briault qui salue également l’investissement de Louis-José Barbançon, lui-même fils d’un disparu, et de tous ceux qui œuvrent chaque année pour rendre hommage aux disparus de "La Monique" au sein d’un comité de pilotage. "On ne doit pas oublier parce que ça fait partie de notre histoire. Cet évènement rassemble aussi tous les Calédoniens, c’est ce qui fait toute sa particularité".

Une semaine de commémorations

Pour la première fois, cette année, l’hommage aux disparus de "La Monique" devient un évènement pays. Sous l’égide du gouvernement et d’un comité de pilotage présidé par Louis-José Barbançon, une semaine de commémorations va officiellement s’ouvrir ce lundi après-midi au musée maritime de Nouvelle-Calédonie. "C’est une bonne chose d’étendre ces cérémonies de mémoire à tous. Jusqu’à présent c’était essentiellement à Nouméa et à Tadine, cette fois les familles d’Ouvéa, de Lifou et de la Grande Terre participent à ce recueillement".

Entretien complet avec Sheïma Riahi à retrouver ici.