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L'échouement du Kea Trader attribué à une succession d'erreurs humaines

L'enquête a livré ses conclusions sur les raisons qui ont conduit le Kea Trader à s'encastrer dans un récif de Nouvelle-Calédonie. Le rapport rendu depuis Malte, port d'attache du navire, privilégie la piste de la défaillance humaine.

Le Kea Trader pris depuis le Gardian de la Marine le 26 décembre. © Fanc / Marine nationale
© Fanc / Marine nationale Le Kea Trader pris depuis le Gardian de la Marine le 26 décembre.
  • Coralie Cochin, avec F.T.
  • Publié le
Depuis l’échouement du Kea Trader, dans la nuit du 11 au 12 juillet 2017, une question restait sans réponse: comment un navire flambant neuf, commandé par un capitaine expérimenté, a-t-il pu s'encastrer sur un récif que toutes les cartes maritimes indiquent?
 

L'enquête revient au pays du pavillon

Les éléments de réponse sont venus de Malte. Le porte-conteneurs battait pavillon maltais et selon les règles de l’Organisation maritime internationale, la mission d'investiguer revient au pays auquel le bateau est rattaché. Et ce, dans un délai maximum d’un an à compter de la date de l’accident. 
Le reportage de Coralie Cochin.
RAPPORT KEA TRADER
 

Ce que pointe le rapport

Comme le pressentaient nombre d’experts locaux, les conclusions de l'enquête convergent vers une succession d’erreurs humaines. La panne technique ou les conditions météorologiques sont écartées. Dans le rapport final, les enquêteurs pointent notamment :
1. un mauvais paramétrage du système de navigation numérique;
2. un manque de vigilance du capitaine d’origine croate et de son équipage philippin;
3. un système d’alarmes sonores qui avait été volontairement désactivé, pour éviter de perturber la navigation avec des déclenchements intempestifs dûs à un système de navigation trop pointu. 
 
© Transport Malta
© Transport Malta
 

Plusieurs alertes

Car plusieurs indicateurs auraient dû signaler le danger. Le 11 juillet, 23 heures avant l’échouement, un message d’alerte est activé. Il annonce une zone de danger, mais n’est pas pris en compte. Quelques minutes avant la collision, le système de navigation signale encore, à deux reprises, la proximité d’un obstacle. Sans réaction de la part du second, qui est alors l’officier de quart. A minuit 54, le Kea Trader vient s’encastrer dans le récif Durand en prenant tout le monde de court.   
 

«Les avantages de la technologie sont devenus un fardeau, ce qui entrave l'utilisation judicieuse de l'équipement.»

 

Pas assez familiarisés avec l'outil

Au-delà des réponses qu’il apporte sur les circonstances de l'accident, ce rapport maltais interpelle sur la confiance sans doute trop importante que les équipages accordent au système de navigation entièrement informatisé. «Les avantages de la technologie sont devenus un fardeau, ce qui entrave l'utilisation judicieuse de l'équipement», est-il écrit au fil des pages. Dans le cas précis du Kea Trader, les hommes n’étaient visiblement pas assez familiarisés avec l’outil technologique.   

Un dossier loin d'être refermé

Un an après l’accident, l’enquête est close. Mais le dossier est loin d’être refermé. Le récif ne sera sans doute pas débarrassé des morceaux d'épave avant encore une année, le temps de construire des moyens maritimes adaptés. Par ailleurs, la question de la responsabilité risque d'avoir des conséquences pour l’armateur Lomar, et pour la prise en charge des préjudices par les assureurs.
 
L'épave du Kea Trader apparaît désormais sur les images satellites de Google Earth, dans sa version en un seul morceau.
L'épave du Kea Trader apparaît désormais sur les images satellites de Google Earth, dans sa version en un seul morceau.
 

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