Electricité : les tarifs vont grimper

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C'est l'opérateur Enercal qui supporte actuellement le déficit du système tarifaire de l'électricité en Calédonie. ©Caroline Antic-Martin / NC la 1ère
Après la hausse des carburants, le prix de l’électricité va connaître, lui aussi, un coup de chaud. Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a acté, mercredi, une augmentation de 4 % dès avril. Elle sera suivie de deux autres hausses, l’une en octobre, l’autre en avril 2023. Une décision à laquelle était opposée une partie de l’exécutif.

Nouveau coup de bambou sur le pouvoir d’achat des Calédoniens. Les factures d’électricité verront très bientôt leurs montants évoluer à la hausse. Ce mercredi 23 mars, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a modifié l'arrêté fixant les tarifs de vente de l'électricité.  

Les prix grimperont en trois phases : + 4 % dès le 1er avril 2022, + 4 % encore en octobre 2022, suivi d’une nouvelle hausse de 3% en avril 2023.  

Concrètement, pour une facture de 12 000 francs par mois, cela représente :

  • 480 francs en plus dès avril 2022 (+4%) soit 12 480 francs par mois
  • 500 francs en plus dès octobre 2022 (+4%) soit 12 980 francs par mois
  • 390 francs en plus dès avril 2023 (+3%) soit 13 370 francs par mois 

Au total, cette facture d'électricité augmentera de 1 370 francs par mois d'ici un an. 

Ces surcoûts annoncés pour les consommateurs tombent mal, puisque d’autres postes de dépenses voient déjà leurs coûts s’envoler ces dernières semaines, comme le prix du carburant ou de l’alimentation. 

Des hausses contestées par une partie du gouvernement 

Cette décision, toutefois, n’a pas été prise à l’unanimité. Dans un communiqué, Christopher Gygès, en charge de la transition énergétique, indique que les membres du gouvernement de l’Avenir en confiance se sont opposés à cette hausse, en séance de l’exécutif, mercredi matin. "Nous regrettons que la majorité indépendantiste vienne une nouvelle fois pénaliser les consommateurs alors même que d’autres solutions ont été proposées et qu’une subvention d’un milliard de francs est déjà prévue pour le système électrique", écrit Christopher Gygès.

Pour le représentant de l’AEC, "c’est un nouveau coup dur qui est porté au pouvoir d’achat des Calédoniens, alors même que le prix de l’électricité est déjà deux fois supérieur en Nouvelle-Calédonie par rapport à la Métropole et aux autres outre-mer". 

Les foyers précaires épargnés

Cette variation de tarifs ne s’appliquera pas à tous les consommateurs. Tout dépendra de leur ampérage. Les clients domestiques ayant une puissance inférieure ou égale à 3,3 kVA ne seront pas soumis à cette hausse, précise le gouvernement. Selon l’exécutif, la moitié des foyers calédoniens serait ainsi "épargnée par l’augmentation des tarifs". 

Le gouvernement rappelle, par ailleurs, que "les tarifs actuels de l’électricité n’ont pas augmenté depuis le 1er décembre 2008, alors que depuis, l’inflation s’est envolée". Or, ce gel des tarifs a "induit un déséquilibre économique du système tarifaire de l’électricité", argumente l’exécutif, puisque, de fait, "les recettes ne couvrent plus les dépenses".

Enercal au bord de la cessation de paiement 

A ces problèmes internes à la Calédonie, s’ajoutent la guerre en Ukraine et ses conséquences sur les cours du charbon. Sur le seul exercice 2021-2022, le déficit annuel est estimé à 4,5 milliards de francs. Si l’on tient compte du déficit global déjà existant de 6,4 milliards de francs, ce déficit attendra 11 milliards de francs d’ici la fin 2022. 

Un acteur est principalement touché : l’opérateur Enercal, qui supporte intégralement ce déficit et sur lequel plane la menace de cessation de paiement. Pour éviter de faire subir d’autres hausses tarifaires aux consommateurs, une subvention d’un milliard de francs sera versée à Enercal cette année, confirme le gouvernement.