Financement de la crise Covid : les mutuelles devront contribuer

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Financement de la crise covid : les mutuelles devront contribuer
©David Sigal et Nathan Poaouteta
Vaccinodrome, dépistage, hospitels : ces dispositifs destinés à combattre le coronavirus coûtent cher. Lors d’une séance au Congrès, le 21 octobre, les élus ont cherché de nouveaux financements. Et les mutuelles sont mises à contribution.

Les mutuelles appelées en renfort. 1,12 milliard de francs, c’est le coût supplémentaire des frais liés à la crise sanitaire. La Cafat et le gouvernement ne peuvent plus supporter seuls ces dépenses. Alors, à la demande de l'exécutif, les élus du Congrès se tournent vers les quatre mutuelles locales. Par une délibération, ils obligent ces organismes privés à contribuer au Fonds de compensation en santé publique, à hauteur de plus de 500 millions.

Les réactions des élus du Congrès
 

Le gouvernement et la DASS ont fait une étude là-dessus et ont analysé la situation financière des quatre mutuelles. Nous pouvons [nous] permettre de demander à ce que les mutuelles contribuent aussi à la solidarité nationale.

Sylvain Pabouty, UC-FNLKS et nationalistes et l'Éveil Océanien

 

Le gouvernement a tout de même, la veille, réuni les représentants des mutuelles. Elles ne sont pas forcément contre le fait de participer.

Ithupane Tioue, Uni

 

Les partis loyalistes souhaitent aussi que les mutuelles mettent la main à la poche. Mais pas sous la contrainte. “Le gouvernement s’était engagé à faire du consensus à l’Océanienne. Or là, on voit [qu'il] dérive vers un fonctionnement dictatorial et c’est ce que l’on a regretté ce matin", a déclaré Nicolas Metzdorf, de Générations NC. 

On vient ponctionner 500 millions aux mutuelles qui sont des organismes privés, basés sur des cotisations de leurs adhérents, pour un fonds qui coûte un milliard aujourd’hui mais dont on nous dit qu’il coûtera peut être bientôt deux milliards. Sans avoir de plan global sur ce que nous allons financer avec ce fonds dans le cadre de la crise sanitaire.

Virginie Ruffenach, Avenir en confiance 

 

Et selon Calédonie ensemble, représenté par Philippe Dunoyer, il faudrait "prendre en considération la situation de chacunes des mutuelles (...) On espère que c’est un coup d’essai et que l’on aura bientôt un accord qui sera consensuel entre le gouvernement et les mutuelles pour que cette solidarité soit bien au rendez-vous.” 

Cette délibération révèle un problème plus global en Nouvelle-Calédonie : la difficulté de financer la santé avec des organismes en déficit chronique.