Le gouvernement accorde une perfusion de 4,5 milliards au Ruamm

politique
Thierry Santa et Valentine Eurisouké au gouvernement, mardi 26 novembre.
Thierry Santa et Valentine Eurisouké au gouvernement, mardi 26 novembre. ©Coralie Cochin / NC la 1ere
D'ici la fin de la semaine, le gouvernement doit verser deux milliards CFP à l'Agence sanitaire et sociale. Une enveloppe d'urgence pour enrayer le déficit du Ruamm, et reprendre les paiements aux établissements de soins privés et libéraux de santé. A terme, la perfusion atteindrait 4,5 milliards. 
Les membres du gouvernement ont validé, mardi matin, le budget supplémentaire de l’Agence sanitaire et sociale. Et par la même occasion, une participation exceptionnelle de 4,5 milliards de francs au bénéfice du Ruamm.
 

D'où vient l'argent ? 

Cette somme est le fruit :
• d’un excédent de 800 millions, issu de l’exercice précédent de l’ASS-NC ;
• d’une subvention exceptionnelle de 700 millions de la Nouvelle-Calédonie, qui a été votée au budget supplémentaire ;
• des recettes de deux milliards encaissées sur le budget de l’Agence en début d’année, et qui proviennent de la TSS ;
• le gouvernement estime enfin qu'elle a été permise par une priorisation des dépenses, faisant économiser un milliard sur les diverses opérations de l’ASS.
Thierry Santa, président du gouvernement, au micro de Coralie Cochin : 

Rallonge pour le Ruamm, Thierry Santa 1


Deux milliards «avant la fin de la semaine»

Sur ces 4,5 milliards de francs, le gouvernement va en débloquer deux «avant la fin de la semaine, de manière à permettre une reprise du paiement des acteurs de santé du privé» par le Ruamm. C'est ce qu'a précisé le président du gouvernement, en charge des comptes sociaux. Une participation qui devrait seulement permettre de gérer l'urgence. Le reliquat de 2,5 milliards serait versé «plutôt en début d’année prochaine»Le conseil d'administration de la Cafat doit rencontrer vendredi Thierry Santa et Valentine Eurisouké, la membre de l'exécutif chargée de mettre en œuvre le plan Do Kamo.
 
Cafat
©NCla1ère
 

Un système de santé à remettre sur pied 

A cette occasion, le gouvernement compte demander à la Cafat «son soutien» sur le dispositif qui vise à rétablir le système de santé calédonien, et plus particulièrement ses comptes sociaux, via des économies et de nouveaux leviers financiers. Pour la Nouvelle-Calédonie, cette réunion est «une étape nécessaire» avant de rencontrer les acteurs de la santé : les professionnels médicaux et paramédicaux, les organisations syndicales et patronales…. Et de présenter en commission plénière du Congrès un plan pour rétablir les comptes de santé. «En même temps, quasiment, que le budget primitif 2020, d’ici la fin de l’année».

Rallonge pour le Ruamm, Thierry Santa 2

 

Le retour annoncé de l'Igas

Une délégation de l’Igas, l'Inspection générale des affaires sociales, doit revenir en Nouvelle-Calédonie en début d’année prochaine, pour travailler sur l’évolution de la gouvernance dans notre système de santé. «De nouvelles discussions seront nécessaires pour que les textes correspondants soient adoptés en milieu d’année 2020, et soient effectifs en fin d’année 2020, a prévenu Thierry Santa. Le changement de statut de la Cafat fera partie des discussions qui vont être menées à nouveau, pour faire évoluer le système de gouvernance global.»
 

Courrier explosif

Rappelons qu'il y a une semaine, le conseil d’administration de la Cafat adressait un courrier retentissant aux libéraux de santé et aux établissements de soins privés. Retentissant, parce qu'il annonçait la suspension immédiate des paiements, avec l'espoir de les reprendre «à compter de la mi-décembre». Une énième perturbation dans le système de santé due au déficit du Ruamm, et très mal vécue par les professionnels de santé concernés. Comme les sage-femmes libérales, prises à la gorge.

Le courrier du 19 novembre 2019 :
Courrier de la Cafat aux libéraux de santé et établissements privés
Le courrier envoyé par la Cafat.
 

Taxe sur le sucre

Par ailleurs, le projet de texte concernant la taxe sur les produits sucrés, qui devait être mis au vote ce matin, a été reporté. Il «nécessite encore quelques précisions. Nous souhaitons rencontrer les opérateurs avant de [le] finaliser définitivement», a indiqué Thierry Santa. L'argent abondé par cette taxe serait destiné à des actions de prévention. Selon les estimations, elle pourrait rapporter entre deux et trois milliards de francs.  
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