Le gouvernement se penche sur l'exportation de minerais extraits des gisements de Goro et Tiébaghi

nickel
Koumac Tiébaghi Mine
Roulage à Tiébaghi. ©NC la 1ere
Modifier le code minier de la Nouvelle-Calédonie pour autoriser, par dérogation, l'exportation de minerais situés dans les précieuses réserves de Goro et Tiébaghi : c'est l'idée d'un avant-projet de loi du pays examiné mardi par le gouvernement.
Autoriser l'exportation de saprolites de Goro, et de latérites ou saprolites à basse teneur de Tiébaghi : la question, plutôt sensible, a été posée dans un avant-projet de loi du pays évoqué ce mardi en séance collégiale du gouvernement. 
 

Les critères

Il s'agirait de modifier le code minier de la Nouvelle-Calédonie «en apportant une dérogation supplémentaire aux autorisations d’exportation de minerai provenant de ces réserves» :
• «dont la valorisation locale impliquerait des coûts ou des contraintes techniques de nature à remettre en cause la rentabilité des installations métallurgiques des opérateurs»;
• mais aussi à condition de «consulter au préalable les clients potentiels locaux et [de] prouver que ces derniers n’ont pas formalisé d’offre d’achat dans le délai et au prix indiqués par l’opérateur». Un prix qui devra être conforme aux cours mondiaux. 
 

Trois réserves hors export

Rappelons que les réserves «géographiques métallurgiques» de Tiébaghi, de Koniambo et du Grand Sud, en tant que gisements à forts potentiels, sont sous le coup d'une interdiction d'exportation. A ce jour, les saprolites riches de Tiébaghi sont valorisées à l'usine SLN de Doniambo. Les latérites sont utilisées pour le procédé hydrométallurgique en œuvre à Vale NC.
 

«Un complément de revenu indispensable»

La présentation du gouvernement met plutôt l'accent sur les difficultés du secteur nickel. «Dans un contexte de cours du nickel déprimé, aggravé par la crise du Covid-19, est-il expliqué, l’exportation de minerai brut constituerait un complément de revenu indispensable à la rentabilité des métallurgistes locaux durement concurrencés, sans pour autant impacter significativement le marché Asie-Pacifique.»
 

Manne ? 

Et d'estimer par exemple que «les exportations depuis Tiébaghi et Goro pourraient générer un chiffre d'affaires de deux milliards de francs sur le second semestre 2020 et près de six milliards de francs dans les deux ans à venir, dont une partie rémunérerait les sous-traitants de roulage».
 

Une piste d'avenir pour Vale NC

Le sujet concerne directement l'avenir de Vale NC et de l'usine du Sud, en recherche d'un repreneur, et sur le chemin d'une nouvelle stratégie qui passe par l'exportation de saprolites... Sous réserve d'obtenir l'aval du gouvernement.