Indemnisation pour calamité agricole : ces exploitants qui poussent un coup de gueule

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Des agriculteurs de Brousse déçus de ne pas voir leur commune classée en calamité agricole après les récentes pluies. ©nouvellecaledonie
Le monde agricole calédonien a été, on le sait, très éprouvé par la récente succession d'intempéries, d'inondations et de phénomènes cycloniques. Mi-mars, le gouvernement a classé "calamités agricoles" les épisodes pluvieux de début janvier et la dépression Dovi, à la colère de plusieurs exploitants. Explications...

A Tontouta, ce jour-là, Gérard Pasco contrôle la pluie tombée en un après-midi sur sa propriété d’élevage. "On s’aperçoit qu’il y a eu 15 mm de pluie dans le pluviomètre", lance le président de la Chambre d’agriculture. "Quand on pense qu’il a souvent débordé… On a eu plus de 800 mm en deux mois."

"Ça va faire du bien pour redémarrer"

Le gouvernement calédonien a classé "calamités agricoles" les intempéries de début janvier et la dépression forte Dovi. Une décision importante, pour les agriculteurs, puisqu’elle autorise la Cama (Caisse d’assurance mutuelle agricole) à verser un acompte sur remboursement aux agriculteurs assurés, avant les indemnisations définitives.

"Pour les agriculteurs, ça va faire vraiment du bien", a réagi Gérard Pasco. "Ils attendaient quand même ça. On traverse une grosse période pluvieuse, inhabituelle. Les agriculteurs n’ont pas pu remettre leurs champs en route… Ça va faire du bien pour redémarrer."

Pas les pluies de fin octobre

Dans ce cas, s’insurge Roger Galliot à Boulouparis, pourquoi ne pas classer comme calamités agricoles les pluies des 20 et 21 octobre 2021 ? Par un courrier daté du 3 mars, la Cama, après rapport de la Davar, refuse le remboursement des pertes subies par l’exploitant agricole suite à cet épisode de précipitations. Soit 300 tonnes de squash. Or, il est tombé 141 mm de pluie en octobre 2021, contre 34 mm un mois d’octobre normal.

"Il y aurait dû y avoir une commission communale, qui se rende sur le terrain, qui constate vraiment l’impossibilité ou les dégâts. Cette commission, on ne s’en est pas servie. J’estime que, cette fois-ci, ce qui a été fait, c’est illégal", tempête Roger Galliot, en se disant décidé à en apporter la preuve. "Pour moi, ça fait pas loin de trente millions [de pertes] en valeur de vente."

Ces communes en dehors de l'arrêté

Grosse colère également à Bourail. L’arrêté du gouvernement concernant Dovi ne prenait pas en compte les communes de la province Sud au Nord de Boulouparis. Pourtant, chez Guy Moulin, le passage de la dépression a laissé un champ de tomates dévasté. "On était persuadés qu’après avoir mis la déclaration de sinistre, et après avoir vu les dégâts considérables qu’a causés cette dépression, on allait être indemnisés", a-t-il expliqué. "Le grand hic, c’est qu’on découvre que certaines régions ne sont pas prises. Les régions les plus agricoles, que sont La Foa, Moindou et Bourail, sont exclues des indemnisations pour Dovi !"

Des actions envisagées

Les agriculteurs de ces trois communes ont dit envisager des actions auprès de leur mairie respective, voire des actions en justice, pour faire modifier la décision du gouvernement.