Journée mondiale de lutte contre le Sida : 5 fausses idées reçues sur la maladie

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Journée mondiale de lutte contre le SIDA ©Unsplash
Ce 1er décembre 2021 marque la journée mondiale de lutte contre le Sida. L’occasion pour nous de faire le point sur la situation en Nouvelle-Calédonie et sur les idées reçues qui persistent sur cette maladie. Zoom.

38 millions. C’est le nombre de personnes dans le monde vivant avec le Sida. Depuis plus de 30 ans, l’épidémie du Sida sévit dans le monde, et l’information sur le sujet ne s’améliore pas. Et ce, malgré des campagnes de prévention et de sensibilisation. Parmi les problèmes rencontrés, on note notamment les fausses idées qui persistent sur cette maladie. Selon un sondage Ifop-Bilendi pour Sidaction, en 2019, 23% des jeunes âgés de 15 à 24 ans s’estimaient mal informés, soit une augmentation de 12 points par rapport à 2009. Voici 5 fausses idées sur le Sida

1On ne meurt plus du Sida

Alors que l’épidémie est présente dans le monde depuis plus de 30 ans, on pense souvent que le Sida ne touche plus personne et surtout que l’on ne meurt plus à cause de cette maladie. C’est faux. Malgré des traitements de plus en plus efficaces, qui permettent de limiter la transmission ainsi que le développement de la maladie, certains séropositifs, décèdent encore. Le Sida doit être dépisté au plus tôt de la maladie afin de mettre en place un traitement thérapeutique qui permettra de limiter la propagation de la maladie. Si une personne séropositive détecte tardivement sa maladie, elle pourra tout de même suivre un traitement, mais il est possible qu'il soit moins efficace. Selon un rapport de l'ONUSIDA publié en 2021, 680 000 personnes sont décédées en 2020 à cause du Sida. Un taux de décès réduit à 64% depuis 2004. 

2La pilule protège du Sida

On entend souvent que la pilule protège de toutes maladies sexuellement transmissibles dont le Sida. C’est faux. La pilule est un moyen contraceptif :  elle permet d’éviter une grossesse, mais ne peut limiter les risques de transmission du VIH dans l'organisme lors d’un rapport sexuel non protégé. Quelle solution ? Il est recommandé d’utiliser un préservatif masculin ou féminin afin de limiter les risques de contamination. Avant les premiers rapports, il est recommandé de réaliser un dépistage afin de s’assurer que chaque partenaire n’est pas séropositif. 

3Le Sida se transmet en s’embrassant 

C’est sûrement l’idée reçue la plus courante : le Sida se transmet en s’embrassant. C'est faux. Selon une étude de l’Ifop réalisée en 2021, un quart des 15-24 ans en France (24%) pensent encore que le virus du Sida peut se transmettre par un baiser. “23% d'entre eux pensent que le VIH se transmet en s'asseyant sur le siège des toilettes publiques”, rapporte l’étude. Selon les experts ces fausses idées, sont dues au manque d’information sur le sujet. À noter qu’en 2020, en raison de la pandémie mondiale du Coronavirus, le nombre de dépistage a diminué fortement ainsi que la sensibilisation médiatique. 

4Les personnes touchées par le Sida sont des hommes homosexuels

Il n’y a pas de personne ou communauté à risque, le Sida touche tout le monde. En 2021, 53 % de l'ensemble des personnes vivant avec le VIH sont des femmes et des filles, précise l’ONUSIDA. La communauté homosexuelle a été la première à être touchée par cette épidémie, mais également la première à se protéger face à la maladie. Le Sida n’est donc pas une maladie d'homme homosexuel.

5On ne peut pas avoir d’enfant quand on a le Sida

Avoir un enfant lorsque l’on est séropositif est totalement possible. Il est important d’anticiper la grossesse afin de bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée et d’éviter le risque de contamination de l’enfant. En France métropolitaine, grâce aux traitements antirétroviraux, le taux de transmission mère-enfant du VIH-1 est passé à 0,54 % sur la période 2005-2011. 

Lutte contre le Sida : quelle situation en Nouvelle-Calédonie ?

En Nouvelle-Calédonie, le Sida reste un sujet encore tabou et très peu de dépistages sont réalisés. En 2014, 212 personnes vivaient officiellement avec le Sida. Pourtant, des actions de sensibilisation sur la maladie et sur le dépistage sont menées par l’association Solidarité SIDA-NC depuis 1996. En 2020, le nombre de dépistage est au ralenti : “la crise sanitaire mondiale a entraîné un ralentissement des actions de dépistage et IST. Pourtant, ces IST circulent beaucoup en Nouvelle-Calédonie. Pour rappel, l'intérêt de connaître ces maladies sexuellement transmissibles est de les diagnostiquer et de les traiter à temps”, précise l'association. Solidarité SIDA-NC s’inscrit dans de nombreux projets de sensibilisation proposant des actions de proximité auprès des jeunes et des adultes calédoniens. Comment ? En mettant en place des écoutes individuelles ou en groupe sur les questions en lien avec la sexualité. L’association propose également une consultation de dépistage anonyme et gratuite du VIH et des IST. 

  • Où se faire dépister anonymement en Nouvelle-Calédonie ? 

Tous les dépistages sont anonymes. Sur le Caillou, il est possible d’aller se faire dépister contre le VIH ou des IST au 48 avenue maréchal Foch, à la résidence Espace Moselle à la baie de la Moselle. Autre lieu de dépistage : L'ESPAS CMP au 1bis, 98800 Ave Paul Doumer, Nouméa.

Pour rappel, à ce jour, il n'existe aucun vaccin anti-sida. Toutefois, des essais cliniques sont toujours en cours.