L'UGPE s'inquiète du harcèlement scolaire croissant

éducation
UGPE, conférence d epresse, 22 mars, Vallée-du-Tir
L'UGPE exposant ses doléances plus d'un mois après la rentrée scolaire, en mars 2022. Le harcèlement scolaire faisait partie des préoccupations. ©Martine Nollet / NC la 1ère
L’Union des groupements des parents d’élèves (UGPE) estime que le phénomène du harcèlement scolaire est encore minimisé en Nouvelle-Calédonie. Face à une hausse du nombre de cas, elle tire la sonnette d’alarme.

« Quand je suis arrivée, il y avait trois dossiers. Aujourd’hui, j’en suis malheureusement à trois enfants du primaire, neuf du collège, un du lycée et trois en cours », constate Aurélie Sanmoekri-Gaillot, vice-présidente de l'UGPE, en charge du harcèlement scolaire et membre de la cellule dédiée au vice-rectorat.

Depuis le début de l’année, le groupement a été saisi de plusieurs cas de harcèlement classique entre élèves, mais également plus inquiétants du fait d’enseignants à l’encontre des enfants. Des cas qui se retrouvent aussi bien au primaire qu’au secondaire.

"Ce sont des enfants qui ont des troubles de l’alimentation, des troubles du sommeil, des peurs refrénées de partir à l’école. Ça veut dire que le vendredi, votre enfant est très bien. Le samedi, il est très bien. Le dimanche, quand vous lui dites de préparer son sac pour le lendemain, votre enfant commence à pleurer, à rechigner, à se mettre sur le côté, à exprimer de l’angoisse. Ça s’appelle une phobie scolaire", décrit-elle. 

Deux numéros de téléphone à disposition

Pour l’UGPE, rien n’est mis en place pour lutter contre le harcèlement scolaire. Il estime que les enfants manquent cruellement d’aide. "On a un psychologue scolaire une fois toutes les deux semaines. Les établissements scolaires disent toujours aux parents 'oui, mais il y a des psychologues à l’extérieur'. Mais les élèves sont huit heures par jour dans les établissements scolaires. Ils ne vont pas forcément vers les parents, quand ils ne vont pas bien."

En cas de doute, l’UGPE encourage les parents à emmener l'enfant chez son médecin traitant. Deux numéros de téléphone sont à disposition des familles : le 28 24 54 et le 96 28 67.

Ce n'est pas la première fois que l'UGPE s'inquiète du harcèlement scolaire. Le groupement a déjà fait part de ses préoccupations en mars dernier, peu après la rentrée scolaire. 

Catherine Lehman est médecin, conseillère technique au vice-rectorat. Référente sur le sujet du harcèlement depuis des années, elle a participé à monter une équipe pluridisciplinaire qui s’occupe de la prévention et du traitement des situations de harcèlement. C’était en 2021. Celle-ci rassemble : médecin, infirmière scolaire, CPE et assistante de service social. 

Ce groupe, dédié du vice rectorat, s’occupe de la formation au sein des établissements, et des partenariats avec les associations. L’équipe a également édité un guide pour les équipes éducatives.

Elle répond à Julie Straboni. 

L'interview de Catherine Lehman du vice-rectorat