La chambre d’agriculture une nouvelle fois sous la loupe de la chambre territoriale des comptes

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Les locaux de la chambre d'agriculture à Nouméa ©Agathe Calandreau

La chambre territoriale des comptes s'est penchée à nouveau sur la gestion de la chambre d'agriculture de Nouvelle-Calédonie. Ou plutôt sur les suites des précédentes notifications dont elle avait été l’objet. La CTC publie plusieurs recommandations et rappels d’obligations juridiques. 

La chambre territoriale des comptes s’est penchée sur les suites qu’a pu donner la chambre d’agriculture aux contrôles précédents en 2011 et 2016. Au final, quelques satisfecit mais aussi des rappels à l’ordre sur des faiblesses persistantes. 

Marchés publics et engrais

Exemple : des dysfonctionnements majeurs concernent les marchés publics et les achats d’engrais pour les agriculteurs. 
"Les engrais sont des formules très spécifiques. Souvent, il y a des brevets sur les engrais, et donc il n’est pas toujours évident de pouvoir mener une vraie mise en concurrence entre les fournisseurs d’engrais" explique Yannick Couete, le directeur général de la chambre d’agriculture. "On a une gamme d’engrais assez large avec douze fournisseurs, et du coup, ce sont bien les agriculteurs qui font leurs choix et qui payent". 

Une masse salariale en augmentation constante

Plus évident car chiffré, une absence de maîtrise de la masse salariale passée de 190 à 350 millions de francs CFP en dix ans. Une absence de maîtrise réelle sur un plan comptable, justifiée selon la direction. 
" Depuis 2010, effectivement, la chambre d’agriculture a développé des services au profit des agriculteurs et à la demande des collectivités, notamment la Nouvelle-Calédonie et les provinces, qu’elles financent d’ailleurs pour apporter des services supplémentaires aux agriculteurs" explique Yannick Couete.

Mieux réglementer la profession

Autre notification réitérée par la chambre des comptes, elle épingle ce qui n’était souvent que du domaine du non-dit, à savoir, mieux réglementer la profession qui permettrait actuellement à certains de bénéficier d’avantages sans avoir d’activité.
" Certains agriculteurs, par opportunité, ont des moyens de production, mais ne produisent pas. Et ce que reprochent la majorité des agriculteurs, c’est que ces gens là bénéficient des mêmes avantages" souligne le directeur général de la chambre d’agriculture.

Pour le reste, il est globalement demandé à la chambre d’agriculture de se comporter comme une administration pointilleuse. Pas forcément compatible avec le monde agricole. 
Le reportage de Bernard Lassauce et Nicolas Fasquel  


Retrouvez l’intégralité du rapport ci-dessous : 

Yannick Couete, le directeur général de la chambre d’agriculture, était l’invité de la matinale de Charlotte Mestre ce matin. Un entretien à retrouver ici.