Le confinement de la Nouvelle-Calédonie est prolongé de deux semaines, en deux phases

coronavirus
Déclaration de Louis Mapou et Patrice Faure, le 1er octobre, à Nouméa. Confinement
Déclaration de Louis Mapou et Patrice Faure, le 1er octobre, à Nouméa. ©Charlotte Mannevy / NC la 1ere
Alors que dix décès sont encore à déplorer, le président du gouvernement et le haut-commissaire l'ont annoncé : le confinement est prolongé de deux semaines. De façon stricte jusqu'au 10 octobre, avec peut-être une adaptation du 11 au 17. Un pass sanitaire pour les vaccinés est "en concertation".

Pas encore déconfinés, les Calédoniens. Et ce ne sera pas le cas avant deux semaines, même si cette quinzaine de jours se passera en deux phases.

Louis Mapou l’a annoncé ce vendredi après-midi, depuis le gouvernement qu’il préside : "Les règles de confinement strict restent les mêmes jusqu’au 10 octobre. En fonction de la situation observée la semaine prochaine, le confinement strict pourra être adapté pour la période du 11 au 17 octobre. Des aménagements pourront être envisagés pour certaines activités économiques et sociales avec une reprise progressive de l’école." Mais ce sera à la seule condition que les grands indicateurs pris en compte évoluent de façon favorable (taux d'incidence, taux de vaccination et saturation des hôpitaux).

Un bilan de 129 victimes

Cette annonce a été précédée d'une description de la situation sanitaire actuelle. "Depuis le 6 septembre 2021, le bilan humain de la crise sanitaire que nous traversons n’a de cesse de s’alourdir et chaque jour apporte son lot de décès et de contaminations", a-t-il déclaré. "Pratiquement 7 619 personnes ont déjà fait l’expérience de cette maladie." 

En vingt jours seulement, 129 de nos compatriotes ont été fauchés par le Covid, dont dix durant la journée d’hier. 

Louis Mapou, président du gouvernement

 

La vaccination, "seul rempart"

"Le virus s’est répandu sur tout le pays. Personne n’est épargné. Chacun de nous est touché, de près ou de loin", a insisté le chef de l’exécutif calédonien. "C’est donc tous ensemble que nous devons faire face. Et quoi qu’on puisse en dire, la vaccination reste le seul moyen de faire rempart immédiatement au virus. 96 % des personnes décédées n’étaient pas vaccinées."

La moyenne d’âge de ces défunts s’élevait à 71 ans, mais le plus jeune avait quarante ans. Des victimes dont plus de la moitié (56%) étaient d’origine kanak, a dit Louis Mapou, ajoutant que 22% appartenaient à la communauté wallisienne et futunienne. Autre élément, plus de 4 300 personnes sont considérées à ce jour comme guéries.

Grâce à l’effort de tous, je peux le dire : le confinement a commencé à produire ses effets. Mais il ne faut pas mollir.

Louis Mapou

"J’appelle tous les acteurs économiques et sociaux, les autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses de la Nouvelle-Calédonie à soutenir l’effort que nous devons fournir pour atteindre notre but, un niveau de vaccination suffisant pour éviter de nouvelles phases de confinement et surtout, pour sauver des vies". 

Pass sanitaire

Par ailleurs, a fait savoir le président du gouvernement : "Nous nous concertons actuellement sur la mise en place d’un pass sanitaire" pour les personnes complètement vaccinées, avec accès par exemple "aux restaurants, aux centres commerciaux, aux vols intérieurs, etc.". 

Les indicateurs 

Trois critères rentrent en ligne compte pour la décision de prolonger le confinement.
Le taux d’incidence tout d’abord qui dénote de la vitesse de circulation du virus.
S’il reste élevé avec un taux de 588 cas/semaine pour 100 000 habitants, la tendance est à la baisse. Au pic de la crise, il y a une dizaine de jours, il s’établissait à 1200. 
Ensuite, le taux de vaccination. Près de 34 % des Calédoniens ont pour l’heure un schéma vaccinal complet (91 900 personnes) et 150 390  personnes ont reçu une première dose. 17 des 33 communes de Calédonie ont dépassé les 50 % de vaccinés. 
"Quelques grandes communes doivent continuer à accentuer leurs efforts" a souligné Louis Mapou, citant les communes de Dumbéa et Païta, la zone VKP et Poindimié.  
Enfin, les capacités d’accueil en milieu hospitalier et en particulier en service de réanimation sont décisives. A ce jour, 56 personnes sont en réanimation, 281 en unité Covid au Médipôle et 153 en hospitels. 
Louis Mapou a salué "l’ingéniosité, la compétence et le courage de notre corps médical, et le soutien de ceux que nous remercions qui sont venus de Métropole, avec le soutien de l’Etat, pour nous aider". 

 

De nouveaux renforts sanitaires

Le haut-commissaire a annoncé de son côté l’arrivée de 103 renforts supplémentaires de la réserve sanitaire. Une deuxième vague de personnels sanitaires "qui seront répartis dès le 5 octobre sur l’ensemble du territoire en fonction des besoins locaux". 
"La solidarité nationale durera autant que nécessaire" a assuré Patrice Faure. "L’Etat apportera son soutien plein et entier au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et chaque fois qu’il en exprimera le besoin".
Et d’annoncer notamment une mission d’appui du personnel de santé des FANC ce samedi 2 octobre à Maré pour une opération de vaccination. 
Patrice Faure a souligné le civisme des Calédoniens qui respectent dans leur immense majorité les règles du confinement. Sur près de 100 000 contrôles effectués par les forces de l’ordre, "seules 4,5 % des personnes contrôlées ont fait l’objet d’une verbalisation, dont la moitié pour un défaut d’attestation et un sur cinq pour non-port du masque".

Des rassemblements "irresponsables"

Louis Mapou a également évoqué les militants contre la vaccination ou le pass sanitaire. La manifestation prévue ce samedi 2 octobre a été interdite par le haut-commissariat. 
Le président du gouvernement a parlé d’irresponsabilité des manifestants :
"Je tiens à dire mon incompréhension face aux demandes de manifestations contre l’obligation vaccinale ou le pass sanitaire. Comment pourrions-nous ouvrir nos écoles si dans le personnel enseignant, beaucoup de personnes ne sont pas vaccinées ? Ces rassemblements sont à mon sens irresponsables. Ils ont pour conséquence de dresser les Calédoniens les uns contre les autres, quand seule l’unité, dans des moments aussi graves doit nous servir pour sortir de l’ornière". 

Le point avec Martin Charmasson et Jerry Carissan 

©nouvellecaledonie

Retrouvez ci-dessous l'intégralité de la déclaration commune : 

Lire le discours de Louis Mapou : 

Le résumé du point sanitaire :