Le Mouvement des Océaniens indépendantistes fête ses deux ans en évoquant son bilan et l’actualité référendaire

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Arnaud Chollet-Leakava
Arnaud Chollet-Leakava, sur une action du MOI, à Nouméa. ©NC la 1ère
Séquence politique à Paris, implications du Oui et du Non, date du référendum, appel à une position commune des indépendantistes... Le MOI marque son deuxième anniversaire en commentant la riche actualité politique en Nouvelle-Calédonie.

Il est né le 17 juillet 2019, dans la foulée des provinciales. Deux ans après, le Mouvement des Océaniens indépendantistes revendique "plus de 8750 sympathisants", un projet de société et au moins une centaine "d'actions concrètes sur le terrain". Et en ce 17 juillet 2021, le jeune MOI regarde à la fois dans le rétro et vers l'avenir. 

  • La séquence parisienne ? "Une mascarade"

Arnaud Chollet-Leakava, porte-parole du mouvement, qualifie de "mascarade" les rencontres parisiennes de fin mai-début juin. "Ces discussions ont eu pour but, encore une fois, de masquer les trois grands tabous de l'Etat français et des responsables politiques anti-indépendantistes", assène le MOI. 

Il pointe "la fuite des capitaux depuis le 24 septembre 1853", date de la prise de possession. Regrette qu’"aucune information précise sur le projet d’axe Indo-Pacifique" n’ait été donnée à l’issue de cette séquence. Et ne voit "aucune proposition concrète concernant les oubliés des accords de Matignon et de Nouméa". Désignant par cette expression les personnes en situation de précarité. 

  • Le document du Oui et du Non prouve la possibilité d'accords avec la France

L'Etat vient de rendre public le document qui était tant attendu, sur les implication d'un Oui ou d'un Non à l'indépendance. Le MOI l'a lu, annoté et y relève une chose en particulier. "La France a dit Oui à un éventuel accord d’association et de partenariat  avec le nouvel état indépendant", considère le représentant du mouvement. "On voit bien que l’accord de partenariat et l’association avec la France prônée par certains indépendantistes a trouvé écho. Pour nous, c’est la grande annonce." Il retient aussi que le document écarte l’hypothèse d’une partition. 

  • La date de la consultation est "un piège"

Les Océaniens indépendantistes regrettent que la date de la dernière consultation référendaire ait été fixée au 12 décembre. "C'est un piège de l’Etat français et des anti-indépendantistes", accuse le MOI. "On a mis cinq mois pour trouver un président, l’affaire de l’usine du Sud a laissé des séquelles...  Tout le monde sait que le mouvement, de manière générale, indépendantiste n’est pas au mieux de sa forme."
 
Face à cette date, "il y a une manière de réagir, très claire : c’est d’avoir une position commune de tous les partis indépendantistes. Soit on n’y va pas, tous. Ou soit on y va tous, à fond, pour décrocher le Oui. On attend la position commune de l’ensemble des partis indépendantistes."

  • L'Eveil océanien "n'est pas le porte-parole de la communauté"

Apparu quatre mois avant le MOI, l'Eveil océanien a fait son chemin dans les institutions, au point de jouer régulièrement un rôle décisif. Un parti que le Mouvement des Océaniens indépendantistes qualifie de "communautaire, de droite [et] partisan d'une Calédonie française". En écrivant : "Personne ne peut se prévaloir du titre de porte-parole de la communauté wallisienne et futunienne". 

Un autre tacle est adressé au sénateur wallisien Mikaele Kulimoetoke qui a, le 5 juillet, appelé à voter Non au référendum. Le MOI l’invite à "moins voyager et s’occuper un peu plus des nombreux problèmes de Wallis-et-Futuna".