Législatives, hausse des prix, indices économiques : Olivier Fagnot, directeur de l’Isee NC, invité de la matinale

invités de la rédac
Olivier Fagnot, invité de la matinale du 3 mai 2022
Olivier Fagnot, invité de la matinale du 3 mai 2022. ©NC la 1ère
Olivier Fagnot, directeur de l’Isee NC, était l’invité de la matinale du mardi 3 mai. L’occasion de revenir sur la signification des différents indices publiés régulièrement par l’Institut de la statistique et des études économiques, du plus scruté, l’indice des prix, à l’indice du BTP et ses conséquences sur les loyers. L’Isee a aussi publié, cette semaine, le portrait des circonscriptions calédoniennes aux législatives.

A un peu plus d’un mois du 1er tour des élections législatives, l’Isee NC se veut une source d’information pour les citoyens et les politiques. C’est dans cette idée qu’elle a publié, comme pour les provinciales et les municipales, ses portraits des deux circonscriptions du Caillou. "Vous allez y trouver un certain nombre de données sociodémographiques issues du recensement de 2019 : l’évolution de la population, les conditions de vie des ménages comme les logements, l’accès à l’emploi. On y trouve aussi le nombre d’inscrits sur les listes électorales."

Bientôt un nouvel indice des prix

L’Isee, ce sont aussi des indices de référence publiés chaque mois. Le plus connu, le plus scruté, c’est l’indice des prix à la consommation"C’est l’instrument officiel de mesure de l’inflation. On va relever à peu près 900 biens et services dans toutes les formes de ventes en Nouvelle-Calédonie. C’est aussi l’instrument qui garantit le maintien du pouvoir d’achat, puisque le salaire minimum est indexé sur l’indice des prix". Un instrument parfois mal compris de la population, qui estime qu’il ne reflète pas la réalité. D’où l’arrivée prochaine d’un autre indice des prix. "On va construire un indice adapté à la consommation des ménages les plus modestes, c'est-à-dire ceux qui touchent les 10 % les moins importants de la population. Pour eux, à la différence de l’individu moyen, la part de l’alimentation est plus importante."

La guerre en Ukraine n'est pas la seule raison des hausses

Indice des prix à la consommation, mais aussi indice Ipampa-NC pour les agriculteurs, indice BT 21 pour le BTP, tous sont à la hausse. De la production à la consommation en passant par la construction, tout coûte plus cher. La faute au contexte mondial de ces deux dernières années. "Il y avait l’après Covid-19 pour lequel on s’attendait à des augmentations de prix, notamment sur les matières premières et le fret. C’était des augmentations annoncées. Puis il y a eu les évènements ukrainiens qui rajoutent des difficultés supplémentaires, cette fois-ci liées à l’énergie mais aussi à l’alimentaire humain et animal, l’Ukraine étant le grenier de l’Europe". Des évènements auxquels s’ajoutent deux ans de météo désastreuse pour les agriculteurs locaux à cause de La Niña.

Des perspectives pessimistes

Ces hausses vont se poursuivre selon Olivier Fagnot. "A l’état actuel des informations que nous avons, on pourrait tabler sur une inflation supérieure à +3% cette année. La conséquence de ça, cela va être une série de revalorisation du SMG [Salaire minimum garanti, NDLR], mais aussi des baux commerciaux et des loyers".  En plus de ces aléas économiques, la Nouvelle-Calédonie pourrait donc voir se profiler des aléas sociaux dans les prochains mois.    

Un entretien à retrouver ici dans son intégralité.