BTP : en mars 2022, les prix des matières premières ont continué d'augmenter

btp
Matières premières BTP
©NCla1ère
L’ISEE vient de publier les derniers chiffres dans le secteur du BTP. L’index BT21 « tous travaux confondus » donne une appréciation de la variation des prix dans la construction. Bilan : le constat est plutôt négatif pour le mois de mars 2022. Explications.

C'est un sentiment de déjà-vu. Le secteur du BTP, déjà en grande difficulté, a encore pris un coup dur au mois de mars. Le BT21 soit l’indicateur de l’évolution des prix de vente des matériaux de construction est en augmentation : +1,5% en un mois.

Les prix du bois s'envolent

Selon l’ISEE, cette évolution est tout d'abord liée à l'indice "Gas-oil" qui repart à la hausse, +7,4 % après -2,9 % en février. Les tensions sont notamment visibles sur la filière bois : +11% pour le bois de coffrage, +13,2% pour le bois de charpente, le tout en seulement 1 mois. 

"Ca a commencé avec la crise Covid, bon nombre de scieries se sont mises soit à l'arrêt soit ont travaillé avec des restrictions, dues aux gestes barrières donc ils ont diminué leur production. Là, la guerre en Ukraine, fait encore plus flamber les prix du bois..." explique Silvio Pontoni, président de la fédération du BTP.

Les indices des filières acier et PVC sont également touchés. Une situation inquiétante pour le devenir de nombreux chantiers.  

On a des maîtres d'ouvrage, qui vont certainement suspendre les travaux parce qu'ils ne peuvent pas encaisser la plus-value qu'entraîne cette hausse des matières premières. La pire des conséquences, c'est un chantier qui ne va pas démarrer.

Silvio Pontoni, président de la fédération calédonienne du BTP

"Le chantier qui a déjà démarré tant bien que mal, on essaiera de trouver des arrangements pour le finir mais il y a des chantiers qui étaient prévus d'être démarrés, même si c'est 10% du budget global qui a augmenté, certaines opérations... le client ne pourra pas les faire" , explique Silvio Pontoni.

Mais cette tendance haussière ne fait que confirmer la situation difficile de la filière BTP, qui a déjà beaucoup souffert ces deux dernières années en raison également du manque de chantiers et de l’augmentation du prix des matières premières et du fret.