Les élus indépendantistes du Congrès adoptent seuls le budget propre de la Nouvelle-Calédonie, l'Eveil océanien s'abstient

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Le vote du budget propre 2022 de la Nouvelle-Calédonie s'est fait sans présence des conseillers loyalistes du Congrès. 29 mars 2022
Le vote du budget propre 2022 de la Nouvelle-Calédonie s'est fait sans présence des conseillers loyalistes du Congrès. ©Mathieu Ruiz Barraud / NC la 1ère
C'est dans un contexte très particulier que le budget propre de la collectivité Nouvelle-Calédonie pour 2022 a été adopté, ce mardi après-midi : les élus loyalistes ont refusé de siéger, y compris ceux qui font partie du gouvernement Mapou. Seul le camp indépendantiste a validé la proposition de l'exécutif, les élus Eveil océanien choisissant l'abstention.

On se rappelle que le budget primitif 2021 de la Nouvelle-Calédonie a dû être élaboré par les services de l'Etat, les politiques locaux ne réussissant pas à s'accorder. Eh bien, la version 2022 devrait elle aussi rester dans les mémoires. Ce mardi 29 mars, au Congrès, le budget primitif propre de la collectivité a été adopté sans présence de l'opposition dans l'hémicycle, par 26 voix pour et trois abstentions. Son montant : 82,6 milliards de francs CFP.

Après les deux autres déclinaisons

Dans la matinée, les 54 conseillers s'étaient déjà prononcés sur les budgets primitifs :

  • de reversement, qui finance les établissements publics,
  • et de répartition, qui ventile les recettes fiscales entre les collectivités.

L'un et l'autre ont été adoptés par 29 élus pour et 25 contre. Mais en fin de matinée, suspension de séance demandée par les loyalistes de l'hémicycle (récit à lire ici). De retour, ils annoncent leur décision de quitter la séance. S'ensuit le départ de l'Avenir en confiance et de Calédonie ensemble, y compris les membres du dix-septième gouvernement, ainsi que Nicolas Metzdorf qui siège sans étiquette.

Les loyalistes ne sont pas revenus

Ces élus non-indépendantistes expliquent que la démocratie n'est pas respectée, aucun de leur amendement n'ayant été adopté la veille, avec le risque d'un même sort au second jour des travaux. Et ils dénoncent un budget ne respectant pas la collégialité. Malgré des discussions entre groupes indépendantistes et loyalistes à la mi-journée (à l'initiative des premiers), les choses ne rentrent pas dans l'ordre. Les conseillers qui ont quitté l'hémicycle le matin ne reviennent pas l'après-midi.

En un peu plus d'une heure et demie

Le reste de l'assemblée décide de poursuivre malgré tout. C'est possible : il faut pour cela que la majorité des membres du Congrès soient présents ou représentés, ce qui est le cas. Sauf que cette fois, les trois élus de l'Eveil océanien choisissent de ne pas se prononcer. Une abstention, soulignent-ils, pour marquer le coup et pour marquer leur déception de la tournure prise par les débats. Loin du marathon de lundi...

Car de débat, il n'y a pas vraiment eu, ce mardi après-midi. Les 420 pages de texte ont été examinées et entérinées en un peu plus d'une heure trente.

Voyez aussi le résumé de Bernard Lassauce et Christian Favennec...

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…et les réactions politiques des quatre groupes représentés au Congrès (également recueillies par Bernard Lassauce et Christian Favennec) :

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Dans un communiqué adressé en fin d'après-midi, le Rassemblement national "regrette [que] les joutes verbales politiciennes aient pris le pas sur les débats et occulté les propositions d’amendements portés par les groupes loyalistes".

A la mi-journée, c'est le bureau politique du FLNKS qui a réagi par le même biais, à lire ici.