Les féministes dénoncent un gouvernement particulièrement masculin

gouvernement de nouvelle-calédonie
Manifestation pour la parité à l'élection du gouvernement, 17 février 2021
©Loreleï Aubry

Une seule femme dans le nouvel exécutif pour dix hommes, une situation dénoncée par plusieurs dizaines de personnes qui manifestaient à l’appel d’associations de femmes alors qu’à quelques mètres de là, les élus procédaient à l’élection du gouvernement. 

« Nous aspirons à une société moderne, dans laquelle le droit à l’égalité entre les hommes et les femmes soit respecté et ce, dans tous les domaines ». 
Une petite centaine de manifestants a répondu à l’appel d’associations féministes pour dénoncer la marginalisation des femmes en politique. 


Dix hommes pour une femme

Et le timing n’est pas anodin. A quelques mètres de là, se déroule l’installation du nouvel exécutif composé de dix hommes et d’une seule femme. Un nivellement par le bas selon certains.
« Pourquoi, dans toutes les institutions de ce pays, la parité n’est pas mise en place ? » s’interroge  Valentine Holle, membre du collectif Femmes en colère. « Ça veut dire quoi ? Que les hommes ont toujours l’autorité, ont toujours le pouvoir ? Non, il faut que ça s’arrête. Parce que ce pays n’avancera pas ». 
Parmi ces activistes féministes, une poignée d’hommes, notamment syndicalistes, venus apporter leur soutien à la cause.
 « On a décidé de venir se mobiliser aujourd’hui pour dire qu’on en a assez de la discrimination que les femmes subissent en Nouvelle-Calédonie, surtout dans certaines cultures aussi…y’a des cultures où la femme n’a pas sa place… » explique Jerôme Le Pechoux, secrétaire général Force Ouvrière NC.  

Ambiance recueillie par Loreleï Aubry 


Appel à un secteur dédié aux droits des femmes

Enième régression dénoncée, les violences faites aux femmes qui perdurent, en dépit de la création du secteur de la condition féminine en 2004.
« On souhaiterait qu’il n’y ait qu’un seul secteur dédié exclusivement aux droits des femmes, avec une ligne budgétaire précise et des objectifs clairs » souligne Sonia Togna, présidente de l’union des femmes francophones d’Océanie (UFFO). « Durant la dernière mandature, on a vu nos moyens dédiés aux droits des femmes dilués dans d’autres secteurs parce qu’on a mélangé le secteur de la condition féminine avec le bien-être des animaux, et je regrette qu’aucune femme dans ce pays n’a réagi au dernier gouvernement quand on a vu la composition de ce gouvernement là ».
Déterminées dans leur projet d’une société plus égalitaire, toutes assurent que le combat continuera aussi longtemps que nécessaire. 

A Suivre, le reportage de Lorelei Aubry et Cédric Michaut

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