Les livres et les auteurs calédoniens peinent à exister sur le marché littéraire

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Des auteurs locaux ont fait le point sur l'état de santé de la littérature calédonienne, en 2022, récemment, lors d'un débat tenu dans une librairie du centre-ville de Nouméa. Ils peinent à trouver un éditeur et à vivre de leurs œuvres une fois que la présentation des ouvrages a eu lieu.

Dans une librairie de Nouméa, trois auteurs calédoniens débattent, le deuxième samedi de chaque. Les derniers échanges avec le public ont porté, récemment, sur l'état de littérature calédonienne. Le premier constat est évident, il n'est pas simple de faire exister les ouvrages locaux.

"C'est un petit peu le parcours du combattant. Soit on trouve des comptes d'auteur, où nous sommes obligés de mettre la main au portefeuille, soit on trouve des comptes d'éditeur, où nous sommes obligés d'acheter des livres mais nous sommes un peu épaulés pour tout le reste. Mais ensuite, tout ce qui est commercialisation et promotion, c'est à l'auteur de faire ce cheminement et c'est dur", explique Fabienne Chéné, autrice. 

D'ailleurs, dans la librairie en question, la plupart des clients qui fréquentent la librairie, durant le débat, ne connaissent pas les écrivains du Caillou. "Il n'y a pas assez de publicité. On n'en parle pas souvent. Je ne vois pas d'informations sur la littérature calédonienne", estime Steve Maridas, un lecteur.

Renforcer la présence des maisons d'édition sur le Caillou

Au milieu de milliers d'ouvrages, en provenance du monde entier, quelques productions locales sont regroupées et leur public existe. "Je recherche tous les livres sur la culture kanak et tout ce que l'on a pu écrire sur nos vieux. C'est mon origine et j'aimerai trouver un peu mes repères. En tant que jeune de la société calédonienne, nous ne les avons pas forcément. Grâce aux livres, nous pouvons nous aider", témoigne Darren Bouillant, un auteur lecteur.

Les écrivains avancent une solution : renforcer la présence des maisons d'édition en Nouvelle-Calédonie. "Il n'y en a pas et c'est pour cela qu'il y a beaucoup d'auteurs et d'autrices qui pensent avoir, et dès fois à raison, un bon texte et qui l'autoédite. Mais tant qu'il n'y a pas un travail réécriture pour retravailler un texte, fatalement cela ne va pas être une vraie édition", complète l'auteur Roland Rossero.

Les auteurs estiment également qu'il serait positif de faciliter l'utilisation de leurs romans, essais et recueils de poésie dans les écoles de Nouvelle-Calédonie. La Maison du livre, dont la mission est justement d'accompagner la filière du livre : auteurs, éditeurs, librairies et bibliothèques est, par ailleurs, en difficultés. Elle est à recherche d'un nouveau local et doit composer avec des subventions réduites.