Les réactions après les propositions de Pierre Frogier au Sénat

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Pierre Frogier au Sénat masqué
Pierre Frogier lors du débat au Sénat sur la Nouvelle-Calédonie le 4 mai 2021 ©Sénat

Après le débat au Sénat durant lequel le sénateur LR a formulé ses propositions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, les réactions se sont multipliées. Tour d’horizon.

Des provinces aux pouvoirs encore renforcés, un gouvernement collégial remplacé par un collège médiateur, les pouvoirs régaliens à l’Etat…Pierre Frogier a dévoilé ce mardi 4 mai lors du débat au Sénat consacré à la Nouvelle-Calédonie ses propositions pour l’avenir institutionnel du pays
Et les réactions ne se sont pas fait attendre, tant localement qu’au niveau national.

Oui à une réforme des institutions pour Sonia Backès

Première à réagir, Sonia Backès qui a commenté la teneur du débat au Sénat sur les réseaux sociaux. La présidente de la province Sud attend de l’Etat qu’il fixe au plus tôt la date du référendum pour "sortir la Calédonie de l’incertitude qui pèse sur chacun de nous". 
Concernant les propositions de Pierre Frogier, Sonia Backès estime que "vouloir que les Provinces aient plus d’autonomie, plus de compétences, vouloir simplifier le mille-feuille institutionnel, ce n’est pas vouloir la partition, comme voudront le faire croire nos opposants habituels. Au contraire, cesser de nier nos différences, c’est enfin construire un avenir en commun".  
"J’ai la conviction que c’est bien sur la base d’une réforme d’ampleur de nos institutions que nous réussirons à projeter la Nouvelle-Calédonie vers l’avenir" poursuit Sonia Backès. 


Une proposition d'avenir pour Virginie Ruffenach

Pour Virginie Ruffenach, cheffe du groupe Avenir en confiance au Congrès, Pierre Frogier "apporte une proposition de méthode et de sens qui nourrit le débat démocratique. Ce projet donne un maximum de compétences aux provinces. Maximum de compétences aux provinces ET unité de la Nouvelle-Calédonie ! […] Acceptons nos différences et l’existence de modèles compatibles avec nos réalités". 

Sa réaction au micro de Dave Waheo-Hnasson et Cédric Michaut :

 

Lancer le "débat sur les principes fondateurs de la Nouvelle-Calédonie de demain" pour Thierry Santa

"Pierre Frogier a dressé cette nuit un constat lucide et courageux" écrit le président du Rassemblement-Les Républicains, Thierry Santa qui relève que le sénateur ."lance de manière décisive le débat sur les principes fondateurs de la Nouvelle-Calédonie de demain. Il appartient désormais aux différentes composantes Loyalistes de s'approprier cette pensée en héritage pour poursuivre, ensemble, la construction de la solution qui répondra concrètement aux problèmes des Calédoniens et qui leur sera proposée pour sortir enfin définitivement, et dignement de l’Accord de Nouméa". 

 

Pierre Frogier "déconnecté" selon le FLNKS

Réuni en conférence de presse mercredi matin, le FLNKS a également réagi à la proposition du sénateur Pierre Frogier. 
Wassissi Konyi, membre du bureau politique du Front, se dit très surpris : "Il est complètement déconnecté déjà de sa base ici, déconnecté de sa formation politique, et là-bas, il propose quelque chose qui n’a rien à voir avec ce que les gens ici veulent, c’est à dire l’unicité du pays. Ce qu’il veut, c’est l’éclatement du pays, et on est contre ça".
Wassissi Konyi répond à Stéphanie Chenais

Réaction Frogier itw Konyi

"Ça va à l’encontre de la lettre et de l’esprit de l’Accord de Nouméa", tranche Charles Washetine, porte-parole du Palika. "Quand on voit des propositions sur la suppression d’un certain nombre d’institutions, de collectivités, etc., c’est carrément revenir trente ou quarante ans en arrière", formule Pierre Chanel Tutugoro, chef de groupe UC-FLNKS et Nationalistes avec l’Eveil océanien. 

"Deux fois impossible", selon Philippe Dunoyer

"C’est la même idée qui est développée depuis deux ans, celle d’une partition géographique du territoire", déclare le député Philippe Dunoyer, pour Calédonie ensemble. "Toujours la même réaction : c’est deux fois impossible."

Visionnez sa réaction et celle de Charles Washetine puis Pierre Chanel Tutugoro, recueillies par Dave Waheo-Hnasson et Cédric Michaut :
 

 

"La partition n’est pas une option" pour Sébastien Lecornu

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu est ouvert au débat, mais il s’en tient pour le moment au texte de l’Accord de Nouméa. 
Le ministre rappelle que l’Accord ne prévoit en aucun cas la partition de la Nouvelle-Calédonie. "En revanche, un débat sur la répartition des pouvoirs, des compétences, des liens qu’on doit avoir entre la République et la Nouvelle-Calédonie […] c’est bien légitime que cette chambre [le Sénat] débatte et formule des idées. En tous cas le statu quo n’est pas possible".    
Sébastien Lecornu est interrogé par Serge Massau :

Réaction Frogier itw Lecornu

Un "profond désaccord" pour Générations NC

De son côté, Générations NC exprime son "profond désaccord sur cette prise de position personnelle".
"Le constat de Pierre Frogier est malheureusement pessimiste. Il ne laisse que peu d’espérance aux Calédoniens et n’ouvre comme perspective qu’un repli sur soi", poursuit le parti de Nicolas Metzdorf et Nina Julié. "Alors que le Sénateur semble désormais militer pour une Nouvelle-Calédonie divisée, Générations NC prône une Nouvelle-Calédonie pour tous, une et indivisible. Installer une différence géographique n’est pas acceptable, car elle est signe de régression et en contradiction avec le fait démocratique et démographique".
Nina Julié qui était l’invitée de la matinale radio ce mercredi avec Anne-Claire Lévêque :

Réaction Frogier itw Julié

 
Lire ci-dessous le communiqué de Générations NC :


 

Des perspectives optimistes pour Eddie Lecourieux

Le maire du Mont-Dore réagit également dans un communiqué. Pour Eddie Lecourieux, "la proposition de Pierre Frogier ouvre la réflexion politique sur l’avenir institutionnel du territoire dans des perspectives optimistes pour notre futur, dans un contexte actuel de morosité". 

Les réactions nationales et régionales

Pour les adversaires du projet de Pierre Frogier, il existe dans ces propositions un risque de partition de la Nouvelle-Calédonie. 
C’est notamment l’avis du sénateur socialiste Patrick Kanner qui penche plus pour une indépendance-association. 
Patrick Kanner est au micro de Serge Massau. 

Réaction Frogier itw Kanner



"Retrait" et "prudence" pour le sénateur de Wallis-et-Futuna, Mikaele Kulimoetoke qui préfère ne pas se prononcer sur les choix proposés. 
Mikaele Kulimoetoke est interrogé par Serge Massau. 

Réaction Frogier itw Kulimoetoke


Pierre Frogier répond aux critiques 

Accusé de vouloir la partition, le sénateur Pierre Frogier rappelle que le découpage de la Nouvelle-Calédonie en trois provinces date de 1988 et "à ce moment là, personne n’a engagé un procès en partition ni contre Michel Rocard, ni contre Jacques Lafleur, ni contre Jean-Marie Tjibaou".
Le sénateur qui estime que brandir le terme de partition, c’est "procéder à une polémique et camoufler son incapacité à proposer des solutions cohérentes".
Pierre Frogier répond à Serge Massau. 

Sénat itw Pierre Frogier