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La Nouvelle-Calédonie entre doucement dans une ère sans plastique

Jour historique, en Nouvelle-Calédonie. Le premier volet de la loi qui vient d’entrer en application interdit les sacs plastique à usage unique. Commerçants et clients doivent se tourner vers des alternatives. Reste que les pochons, par exemple, s’avèrent encore bien présents. 

Des alternatives sont proposées aux clients, mais le plastique fait de la résistance. © NC la 1ere
© NC la 1ere Des alternatives sont proposées aux clients, mais le plastique fait de la résistance.
  • Rédactions de NC la 1ere et AFP, avec F.T.
  • Publié le , mis à jour le
Les Calédoniens peuvent dire adieu aux pochons plastique et aux sacs cabas classiques délivrés à la caisse. Le premier volet de la loi anti-plastique est entré en vigueur ce jeudi 1er août sur l’ensemble de la Calédonie (les détails à retrouver sur le site du gouvernement et en encadré).
 

Paniers tressés

Comment les commerçants et les clients s’adaptent-ils à cette petite révolution ? Au marché municipal du Mont-Dore, chacun y va de sa solution. Depuis deux semaines, Bryan Bernanos propose des paniers tressés en feuille de cocotier. «On essaie de trouver des paniers confectionnés par des gens en particulier, explique le maraîcher. Des sacs en papier mais c’est assez dur parce que, tout ce qui est salade, ça casse les pochons…»
 
Sur le stand de Bryan Bernanos, au Mont-Dore. © Coralie Cochin / NC la 1ere
© Coralie Cochin / NC la 1ere Sur le stand de Bryan Bernanos, au Mont-Dore.
 

Boîtes consignées

Quelques étals plus loin, le poissonnier a opté pour le système de la consigne avec des boîtes en plastique. «C’est 250 F la petite, 500 F la grande, précise Miguel Poncelet. Pour beaucoup d’habitués, on les a offertes. Après, pour les gros modèles de poisson, ça va être compliqué, parce que ça ne va pas forcément rentrer.»
 
Ce poissonnier de Boulari propose des boîtes consignées. © Coralie Cochin / NC la 1ere
© Coralie Cochin / NC la 1ere Ce poissonnier de Boulari propose des boîtes consignées.
 

Bocaux, assiettes et sacs en papier

Mais de remarquer que plusieurs clients s’organisent, avec «des boîtes à sorbet, des pots en verre… Même des assiettes de chez eux pour faire des plats en sashimi.» «Moi, j’utilise des [sacs en] papier beige, mais je n’ai pas besoin de sacs plastique.» Certains commerçants ont pris les devants. Serge Aru, caviste du Quartier-Latin, propose des sacs en papier à la vente depuis six mois déjà. 

Le reportage radio de Coralie Cochin. 

Fin du plastique, reportage à Boulari

 
Jeudi 1er août, au marché de Nouméa. © NC la 1ere
© NC la 1ere Jeudi 1er août, au marché de Nouméa.
 

Des pochons sur les étals

Mais en plusieurs points de vente, cette interdiction du plastique à usage unique relevait encore de la théorie, ce jeudi. Par exemple sur des étals du marché de Nouméa. Et certains commerçants expliquent se retrouver avec leurs sacs sur les bras. «On a fait des stocks, on [en] a [pour] plus de 400 000 F de pochons parce qu’on prend en grosses quantités, pour toute l’année», lance ainsi un poissonnier. 
Le reportage télé de Laura Schintu et Patrick Nicar. 
FIN SACS PLASTIQUES TEMOIGNAGES
 

Parades

Dans la grande distribution aussi, certains tentent de trouver la parade. Une enseigne a par exemple retiré les sacs cabas de ses caisses pour les remplacer par des sacs en papier. Désormais, seuls les sacs cabas biosourcés ou recyclables peuvent être mis à disposition des clients. Mais les mêmes sacs cabas étaient encore proposés à la vente, ce jeudi matin, dans les rayons du magasin. Ce qui pourrait bien être contraire à la loi.    
 
Jeudi 1er août, au marché municipal de Nouméa. © NC la 1ere
© NC la 1ere Jeudi 1er août, au marché municipal de Nouméa.
 

La DAE annonce de prochains contrôles

Bref, il va falloir un temps d’adaptation avant de se défaire des sacs plastique à usage unique. La direction des Affaires économiques de la Nouvelle-Calédonie est chargée de veiller au respect de la nouvelle réglementation. Elle procèdera prochainement à des contrôles sur le terrain, dans l’ensemble du pays. 
 
A la poissonnerie du marché de Nouméa. © NC la 1ere
© NC la 1ere A la poissonnerie du marché de Nouméa.
 

Nina Julié salue cette «révolution»

Génération NC se réjouit en tout cas de voir cette loi du pays entrer en vigueur. Nina Julié, qui se trouve à l’initiative du texte, en rappelle l’importance : chaque année, soixante millions de pochons et quarante millions de barquettes en plastique sont produits localement. «C’est une révolution parce qu’il va falloir que les Calédoniens adaptent leurs modes de consommation à cette nouvelle réglementation, reconnaît-elle, mais aussi le secteur économique, les producteurs, les distributeurs de sacs plastique. Mais je crois que chacun adhère maintenant à cette réglementation parce qu’elle était attendue des Calédoniens.»
Ecoutez Nina Julié au micro de Cédrick Wakahugnème. 

Fin du plastique, réaction de Nina Julié

Le premier volet d'une loi plus vaste

• La loi entrée en vigueur ce 1er août interdit la distribution de poche ou de cabas en plastique que ce soit à la caisse des magasins ou sur les marchés.

• Seuls sont autorisés les sacs recyclables ou les sacs biosourcés d'une épaisseur inférieure à cinquante microns et avec au moins 30% de matière biosourcée.

• Ce n'est que le début d'une interdiction évolutive des produits plastique jetables, qui entrera peu à peu en application d'ici à 2022.

• Le 1er septembre 2019, il faudra se passer des gobelets, verres, tasses, assiettes, couverts, pailles et touillettes en plastique.

• A partir du 1er mai 2020, interdiction des barquettes destinées à l'emballage alimentaire pour la vente ou la livraison immédiate. 

• Le 1er mai 2022, suivront les barquettes destinées au pré-emballage en rayon.

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