La Nouvelle-Calédonie veut rester vigilante après le déconfinement

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Coronavirus, point presse du 28 mai 2020, Thierry Santa
©Bernard Lassauce / NC la 1ere
Le gouvernement prépare des mesures pour pouvoir réagir rapidement en cas de circulation du coronavirus en Nouvelle-Calédonie. Il pourrait aussi adapter les dispositions concernant l’entrée dans le pays. Il est notamment question d’une quarantaine aux frais des confinés. 
L’annonce de la détection d’un nouveau cas positif de Covid-19 en Nouvelle-Calédonie chez un passager placé en quatorzaine dans un hôtel ne change pas la stratégie du gouvernement dans la gestion de la crise du coronavirus. 
L’exécutif continue son travail pour se préparer en cas de circulation accidentelle du virus dans la population.
Il faut être prêt au cas où. Le gouvernement s’est donné pour objectif de mettre en place un plan afin d’être paré à réagir avant la dernière phase du déconfinement prévue le 14 juin.
 

Etre prêt partout en Calédonie 

Valentine Eurisouké, la membre du gouvernement en charge de la santé a entamé, en liaison avec Didier Poidyaliwane, chargé des affaires coutumières, et Jean-Pierre Djaïwé, en charge notamment de la jeunesse, une tournée dans le pays afin de bien faire passer le message aux institutions, provinces et communes, comme à la population.
Il faut pour cela s’appuyer sur les réseaux communautaires pour faire de la prévention. Des points-relais seront ainsi installés dans tous les centres médico-sociaux du territoire pour pouvoir effectuer des prélèvements, et des référents Covid mis en place dans les tribus et villages. Tous les personnels médicaux seront mis à contribution pour relayer les messages de prévention. 
Thierry Santa a également annoncé que des discussions sont en cours avec la province Nord pour la mise en place d’un centre de tests dans le Nord, à Koné, en plus de celui du CHT Gaston Bourret. Des laboratoires d’analyses privés seront aussi mis à contribution. 
 

Repérer et traiter les cas contacts

Un travail est mené pour repérer les éventuels cas contacts. Le gouvernement veut s’appuyer sur des techniques modernes du type Stop Covid, une application de traçage par GPS qui vient d’être approuvée par l’Assemblée nationale. Il faut également s’organiser pour traiter ces cas contacts, et donc mettre en place partout sur le territoire des lieux pour les accueillir. 
 

Les mesures à l’entrée du pays : peut-être un aménagement pour Wallis et Futuna

La Nouvelle-Calédonie continuera à limiter les entrées sur le territoire pour éviter la propagation du virus. C’est en ce sens que le gouvernement a décidé mardi dernier de prolonger la suspension des vols réguliers internationaux jusqu’au 31 juillet
Toutefois, le gouvernement se penchera en collégialité la semaine prochaine sur d’éventuels aménagements, notamment sur la quarantaine imposée. Ainsi, l’exécutif va réfléchir à la possibilité d’assouplir le dispositif concernant par exemple Wallis et Futuna. Le territoire voisin est en effet indemne de Covid-19 et une libre circulation entre les deux archipels pourrait être envisagée. 
Le gouvernement a également entendu les demandes de certaines entreprises qui veulent faire entrer pour de courtes périodes des « acteurs économiques essentiels à leur activité, des experts extérieurs ». La quatorzaine imposée (plus une semaine) pose de vraies difficultés et le gouvernement se penchera également sur ce cas la semaine prochaine. Les experts scientifiques étudient la question et doivent donner leurs conclusions au gouvernement. 
 

Vers une quatorzaine payante ? 

Le président du gouvernement a indiqué que la facturation des quarantaines pourrait être envisagée dans certains cas, une fois le plan de rapatriement des Calédoniens complété. Ainsi, les administrations ou entreprises qui feraient venir des gens en Nouvelle-Calédonie seraient amenés à payer les frais de quatorzaine. La question est aussi à l’étude pour les autres Calédoniens qui souhaiteraient venir par la suite.
«Les calculs sont en cours et surtout, des appels d'offre vont être menés puisqu'en parallèle, il y a un travail de "privatisation" du dispositif avec des sociétés spécialisées. Le montant [qui serait facturé aux confinés] n'est pas établi.»
Là encore, la question sera abordée en collégialité la semaine prochaine. 
Il faut dire que le dispositif coûte cher à la Nouvelle-Calédonie : 
« Globalement parlant, tout le dispositif d'entrée en Nouvelle-Calédonie représente une somme de près de deux milliards aujourd'hui. On estime qu'elle représentera en final une somme de 2,4 milliards. Ça intègre les réquisitions d'Aircalin, les réquisitions des hôtels, tous les frais de restauration, tous les frais de nettoyage » a indiqué Thierry Santa. 
 

Les mesures économiques pourraient être prolongées pour certains

Parmi les points évoqués la semaine prochaine en collégialité, les aides aux secteurs le plus sinistrés. En effet, si la plupart des mesures de soutien économique mises en place prennent fin au 31 mai, le gouvernement envisage de prolonger des aides pour les filières durablement touchées par la crise du Covid-19. 
« On pense bien sûr aux transports au sens large, qu’ils soient aériens ou terrestres pour les petits transporteurs des croisiéristes par exemple, on pense à tout le secteur touristique en général, aux agences de voyage… » a précisé Thierry Santa. « Toutes ces sociétés dont on sait que l’impact de la crise sanitaire va perdurer dans le temps. On va réfléchir à les aider à passer cette crise dans les moins mauvaises conditions pour qu’ils puissent survivre et reprendre une activité normale le jour où ça sera possible ». 
 

La loi d’urgence sanitaire 

Concernant le rejet par le Sénat de l’amendement de la loi d’urgence sanitaire concernant la Nouvelle-Calédonie, Thierry Santa a indiqué que les quatorzaines obligatoires étaient maintenues en Calédonie. 
« Je reste attaché à ce que le Premier ministre m’a dit personnellement, […] qu’il était dans la perspective de faire évoluer les dispositions de cette loi » a indiqué Thierry Santa qui souligne que le rejet par le Sénat était plus une question de forme que de fond. 
En tous cas, à l’heure actuelle, il n’y a eu aucun recours contre ces quatorzaines strictes à l’hôtel, a-t-il souligné. 
Le reportage de Bernard Lassauce et Michel Besse 
©nouvellecaledonie

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