Nouvelles tensions au gouvernement entre loyalistes et indépendantistes

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Gouvernement
Le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, route des artifices. ©NC La 1ère
Encore un coup de grisou au sein de nos institutions. Ce mercredi matin, quatre membres loyalistes du gouvernement ont boudé la réunion de collégialité de l’exécutif. Une politique de la chaise vide, qui fait suite au départ des loyalistes du Congrès, mardi, en plein vote du budget de la Nouvelle-Calédonie.

La rupture semble consommée entre les forces en présence, au sein du 17ème gouvernement. Ce mercredi 30 mars, quatre des cinq membres loyalistes de l'exécutif n’étaient pas présents à la réunion de collégialité, route des artifices, à Nouméa. Une absence volontaire, pour enfoncer le clou, après un premier coup d’éclat, la veille, au Congrès.

Alors que l’assemblée procédait, mardi 29 mars, à l’examen du budget propre de la Nouvelle-Calédonie, tous les élus loyalistes ont quitté l’hémicycle pour manifester leur opposition à la feuille de route budgétaire, défendue par le président du gouvernement Louis Mapou, et dénoncer un « manque de concertation », avec des mots forts, tels que « dérive autoritaire » et « déni de démocratie ».    

L’esprit de collégialité discuté

C’est dans cette continuité que la vice-présidente Isabelle Champmoreau, mais aussi Christopher Gyges, Thierry Santa et Yoann Lecourieux, tous membres Avenir en confiance, ont boudé la réunion de collégialité du gouvernement. « Jusqu’à présent, les membres AEC ont montré leur capacité à accompagner le nouveau gouvernement, à travailler… Et notamment à travers la crise du Covid, assure Yoann Lecourieux. On a toujours dit qu’on était disposés à travailler. Mais nous devons aussi le faire dans le respect de chacun, dans le respect de l’esprit collégial qui doit demeurer, au sein du gouvernement. » 

Maintenant, nous attendons surtout une réaction du président Louis Mapou, ainsi que de sa majorité, pour voir comment ils veulent travailler avec nous ou s’ils veulent continuer à gouverner avec le fait majoritaire qui, pour la première fois, prend place en Nouvelle-Calédonie.

Yoann Lecourieux    

membre Avenir en confiance du gouvernement

Un contexte électoral

Les indépendantistes réfutent ces accusations et assurent que l’avis de leurs homologues loyalistes a toujours été pris en compte. « Il n’y a pas de mépris, ce n’est pas vrai. C’est une collégialité, martèle Yannick Slamet, porte-parole du gouvernement. Maintenant, si c’est interprété comme  du mépris, on n’y peut rien. C’est plutôt la période électorale qui autorise à faire ce genre de crise.»   

Calédonie Ensemble présent

Un seul loyaliste a assisté à cette réunion du gouvernement. Il s'agit de Joseph Manauté, de Calédonie ensemble. Et ce, alors que son groupe avait fait le choix de quitter le Congrès, avec les autres élus loyalistes de l’assemblée, mardi.

Si ce rendez-vous hebdomadaire a été maintenu, il s’est révélé expéditif, puisque les dossiers en lien avec les portefeuilles des quatre membres loyalistes absents n’ont pas pu être abordés. Ils ont donc été reportés à une date ultérieure.