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Le Parti travailliste esquisse la Constitution d’une Calédonie indépendante

politique
Conférence de presse du Parti travailliste, 22 novembre 2018
Le PT a relaté ce jeudi les travaux de son neuvième congrès. ©NC la 1ere / Brigitte Whaap
A l’occasion de son neuvième congrès, tenu à la tribu maréenne de Rôh, le Parti travailliste a repris ses travaux sur la Constitution d’une Nouvelle-Calédonie indépendante. Le président Louis Kotra Uregei en a donné les grandes lignes ce jeudi matin. Mais il reste beaucoup de travail.
C’est sur la base de la Constitution déposé par le FLNKS à l’Onu en 1987 que se font les travaux du Parti travailliste. Pour le moment, seule la partie institutionnelle est complète, avec quelques pistes pour les chapitres sociétaux. 
 

Identité kanak

Le président du futur Etat indépendant serait élu parmi les grands chefs coutumiers. Il représenterait le pays et serait le garant de sa politique. Il choisirait son Premier ministre parmi les élus de la nouvelle assemblée nationale.
 

Elus municipaux

L’assemblée rassemblerait les élus des communes, communes qui déterminent donc aussi la circonscription législative. Un élu par commune, deux pour celles qui comptent plus de 10 000 habitants. Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie-Kanaky réunirait cette assemblée, et le Sénat coutumier. A priori, le mode de désignation des sénateurs ne changerait pas.
 
Conférence de presse du Parti travailliste, 22 novembre 2018
Louis Kotra Uregei, le 22 novembre à Nouméa. ©William Kromwel
 

Pas de province

Les communes, elles, seraient gérées par un conseil dont un tiers serait réservé aux citoyens kanak. Les deux autres tiers seraient pourvus par élection. Enfin, les provinces disparaissent. La démocratie directe a été jugée plus efficace, et cela évite des dépenses publiques. Autre volonté forte, la parité hommes-femmes. Elle s’impose, dans la constitution nouvelle. Une femme pourra se présenter à toutes les élections et être choisie pour le poste de Premier ministre.
 

Des dépenses limitées… et pas d’armée !

C’est toujours le souci d’économie budgétaire qui fait dire à Louis Kotra Uregei qu’une armée n’est pas nécessaire. «On ne veut faire la guerre à personne.» La question de la défense peut aussi s’envisager avec des accords particuliers. En revanche, pour la sécurité intérieure, il y aurait bien une police.
 
Section jeunes du Parti travailliste, Michel Kuiesine, 2018
Le parti s'est doté d'une section jeunes, dirigée par Michel Kuiesine, 27 ans. ©William Kromwel
 

Police coutumière

Police coutumière, qui pourrait appliquer des sanctions coutumières. Ses compétences pourraient s’étendre à la surveillance des frontières. Si le président du Parti travailliste ne parle pas d’impôts ni de fiscalité, il souhaite quand même que les budgets soient orientés au plus près des citoyens : éducation, santé, sport.
 

La suite? En chantier…

Les travaux continuent. Les militants doivent se retrouver régulièrement pour finaliser cette constitution. La question du statut de la terre a été évoquée, mais pour le moment, elle est suspendue. «Trop sensible, le sujet doit être traité avec tact», précise Louis Kotra Uregei. Les questions de la monnaie, des relations extérieures, sont aussi à l’agenda. Reste également à définir le projet économique. Le principe de l’économie durable, respectueuse de l’environnement, est acquis mais le modèle lui-même n’est pas encore dessiné. Autre principe acquis, le nouveau pays appelé de ses vœux par le parti serait anti-nucléaire.
Le mouvement a sa section jeunes
De nombreux jeunes ont fait le déplacement pour le congrès du parti à Roh, Maré. Conséquence de cette affluence : il vient de monter sa section jeunesse. Et c’est Michel Kuiesine, 27 ans, qui la dirige.
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