Philippe Gomès condamné dans l'affaire Nouvelle-Calédonie Énergie

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Le député Philippe Gomès ©NC la 1ère
Un mois après sa comparution pour prise illégale d'intérêts, Philippe Gomès vient d'être condamné dans l'affaire de Nouvelle-Calédonie Énergie. Il était président de la SAS NCE entre 2016 et 2018.

Philippe Gomès a été condamné, ce vendredi matin, dans l’affaire NCE - Nouvelle-Calédonie Énergie. Le délibéré vient de tomber un mois après sa comparution pour prise illégale d’intérêts, devant le tribunal correctionnel de Nouméa. La justice reproche au député d’avoir fait voter, en tant qu’élu, des subventions en faveur de NCE, à l’époque où il en était le président. Des faits qui remontent à 2016.

2 millions de francs d'amende

A la mi-avril, son conseil avait défendu "l’intérêt général et l’urgence absolue". Le procureur de la République avait alors requis six mois de prison avec sursis et une amende d'un million de francs CFP. Finalement, le prévenu a été condamné à deux millions de francs d'amende, avec sursis. 

"Une condamnation de principe"

Une déception pour Frédéric De Greslan, avocat de la défense. "C'est une décision qui n'est pas satisfaisante pour nous parce qu'il y a une condamnation. Mais on voit que c'est vraiment une condamnation de principe : une amende avec sursis et pas d'inéligibilité", souligne-t-il. "Quand une personne commet un acte répréhensible, on la condamne vraiment. Quand on la condamne avec du sursis, c'est bien qu'on considère qu'il y a des tas de circonstances qui expliquent ce qu'il s'est passé et qu'effectivement, on n'a pas envie de frapper cette personne avec une condamnation réelle."

Frédéric De Greslan

En début d'après-midi, Philippe Gomès a également réagi a l'énoncé du verdict. Retrouvez sa réaction, ci-dessous :

"Lanceur d'alerte"

Des faits dénoncés notamment par Anticor, l’association nationale contre la corruption et pour l’éthique en politique. "Je trouve tout à fait normal qu'il y ait eu au moins une peine de principe. C'était très important parce que Monsieur Gomès s'est cru, d'une certaine manière, propriétaire de la loi", estime Thierry Blaisot, représentant local d'Anticor. "Il a mis en cause une personne qui travaillait pour lui. Je trouve que cette personne a fait son travail de lanceur d'alerte. Un lanceur d'alerte devait prévenir son employeur, ce qu'il a fait, et l'attitude de l'élu a été extrêmement regrettable."

Association Anticor

A noter que le tribunal a également condamné l'entreprise NCE à payer un franc symbolique.