Plusieurs figures du collectif Usine du Sud convoquées pour s'expliquer

faits divers
Raphaël Mapou, secrétaire général du comité Rhéébù Nùù et porte-parole de l'Ican.
Raphaël Mapou, secrétaire général du comité Rhéébù Nùù et porte-parole de l'Ican. ©NC la 1ere

Violences liées à l'usine du Sud, suite. L’Ican et le collectif Usup ont annoncé que plusieurs membres, dont Raphaël Mapou, étaient convoqués en vue d'un placement en garde à vue. Les Nouvelles calédoniennes révèlent aussi l'audition de Harold Martin concernant le contre-barrage de Païta.

L’Instance coutumière autochtone de négociation et le collectif Usine du Sud = usine pays font savoir qu’il y a eu, en fin de semaine, à Nouméa, "une perquisition des trois structures du Pacte [de développement durable du Grand Sud] et la remise d’une dizaine de convocations pour une enquête préliminaire".

Une annonce co-signée par John Tindao, président du conseil de l’aire Drubea-Kapumë, ainsi que Raphaël Mapou, secrétaire général du comité Rhéébù Nùù et porte-parole de l’Ican. Parmi les personnes convoquées sont citées Raphaël Mapou, justement; André Vama, président du comité Rhéébù Nùù; et d’autres membres du collectif qui a joué un rôle majeur dans le récent bras de fer autour de la cession de l’usine Vale - tels que Maurice Dhou ou Adrien Koroma. 

"Neuf motifs de placement en garde-à-vue"

Selon ce communiqué diffusé dimanche 2 mai, "neuf motifs de placement en garde-à-vue (…) sont listés" : "vol en bande organisée" ; "destruction en bande organisée"; "mise en danger d’autrui"; "violence en réunion""violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique", ou encore "participation à une association de malfaiteurs". Des qualifications qui "relèvent de la criminalité organisée et permettent le recours à des mesures coercitives extrêmement graves telle que la possibilité d’une garde-à-vue pouvant aller jusqu’à quatre-vingt-seize heures".

"Le contre-pied de l'accord"

Ces dernières semaines, la justice a auditionné plusieurs mis en cause dans les exactions commises sur le site industriel du Grand Sud. Mais cette fois, elle se tourne vers des acteurs de premier plan, qui s’étaient mobilisés contre le projet de reprise avec Trafigura. En visant l’état-major du collectif Usup, le procureur de la République prend "le contrepied de l’accord politique signé le 4 mars", estime Raphaël Mapou.

"L'Ican n'a jamais incité ni même envisagé la mise en œuvre d'actions violentes ou de destruction, que ce soit vis-à-vis de l'outil de production [ou] des forces de l'ordre", réagit-elle. En dénonçant une "position (…) particulièrement sévère et orientée dès lors qu’à ce jour aucune réponse pénale n’a été apportée aux appels à la haine et à la violence par la prise d’armes lancés à l’occasion des contre-barrages du mois de décembre 2020". 


Harold Martin auditionné, selon LNC

Or, dans le même temps, nos confrères des Nouvelles calédoniennes annoncent que Harold Martin, ex-maire et ex-président du gouvernement, "a été interrogé par les gendarmes dans le cadre d’une enquête pour "provocation publique à la haine ou à la violence", après ses appels à former un contre-barrage sur le pont de Païta, en décembre".