Prêt AFD, pouvoir d’achat, santé, avenir institutionnel : Louis Mapou, président du gouvernement, invité de la matinale

invités de la rédac
Louis Mapou
Louis Mapou, président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. ©NC La 1ère
Louis Mapou, président du gouvernement, était l'invité de la matinale radio, le vendredi 8 juillet, pour évoquer les grands dossiers de l’exécutif calédonien et les réformes à venir.

Louis Mapou s'est d'abord exprimé sur le retrait de l’inter-patronale du comité de suivi de la réforme fiscale, mis en place par le gouvernement en début d’année. C'est en réaction au projet de réforme de la protection sociale déposé par l’Éveil océanien au Congrès, qui doit servir à financer le Ruamm. "Je regrette que ce débat vienne sur la place publique, déplore-t-il. Depuis que nous sommes arrivés, nous avons essayé d’instaurer un climat de discussion avec tous les partenaires sociaux et je crois que nous y sommes parvenus (…) Je leur demande de ne pas quitter la table et de revenir aux discussions, car nous avons des réformes à mener tous ensemble."

Poursuivre les réformes

Ce vendredi, le prêt AFD garanti par l’État de 20,88 milliards de francs est signé par le président du gouvernement, le haut-commissaire de la République et le directeur adjoint de l’Agence française de développement. "Le budget 2022 a été voté sur la base de ce prêt octroyé auprès de l’AFD avec une garantie de l’Etat. La situation internationale notamment liée à l’Ukraine a fait grimper les taux d’intérêt. Donc nous avons dû prendre du temps pour procéder à des ajustements", a souligné Louis Mapou.

C’est la seconde fois que le gouvernement fait appel à un prêt garanti par l’Etat, après celui contracté par le gouvernement Santa en 2020. Mais cette nouvelle aide n’empêche pas la Nouvelle-Calédonie de faire face à des problèmes structurels concernant ses comptes sociaux. Il y a donc urgence à poursuivre les réformes de fonds. "Je ne sais pas si nous arriverons à combler l’énorme déficit accumulé depuis toutes ces années. Mais nous allons poursuivre les réformes. Plusieurs textes sont sur le bureau du Congrès et d’autres réformes, en matière de gouvernance de la protection sociale, sont en cours. J’espère que d’ici la fin de l’année, nous pourrons atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés", a-t-il déclaré.

Des contrôles des prix réguliers

En matière de pouvoir d’achat, l'exécutif a mis en place six mesures pour lutter contre l’inflation. Une inflation subie par les Calédoniens, alimentée principalement par la hausse du prix des carburants et des produits alimentaires. Le gouvernement va renforcer son système de contrôles des prix, a précisé Louis Mapou, "ça ne sert à rien de prendre des mesures si nous n’avons pas les moyens de contrôle. Nous avons donc étoffé la capacité de la direction des Affaires économiques pour qu’elle puisse opérer des contrôles dans le nord, le Sud et les Iles". D’autres mesures contre la vie chère vont suivre, a assuré le président, "elles concernent le fret ou encore l’aconage".

Recruter des médecins étrangers

Face à la pénurie de soignants en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement a réuni ce mardi les acteurs privés et publics de la santé. Objectif : dresser un état des lieux et coordonner au mieux les services de santé. "On est en train de voir comment réajuster les choses car nous avons des possibilités, comme proposer au Congrès d’aller recruter des médecins, y compris à l’étranger. Nous y travaillons", a indiqué Louis Mapou.

"Ce sont des vœux qui vont jeter de la confusion supplémentaire"

L'invité de la matinale a par ailleurs évoqué le vœu émis jeudi par l'assemblée de la province Îles, pour "rouvrir immédiatement le dialogue entre indépendantistes et loyalistes afin de préparer le processus de sortie de l'Accord de Nouméa". Et celui du groupe Agissons pour le Sud déposé ce vendredi à l'assemblée de la province Sud. Louis Mapou regrette ces initiatives : "je crois qu’il faut quand même faire attention car plus personne n’y comprend plus rien. Il faut faire attention à ne pas griller les étapes, car à vouloir aller trop vite, on peut se marcher sur les pieds. On s’aperçoit bien que le pays a besoin de clarté dans ce qui va se passer depuis le dernier référendum."

Il déplore également une confusion des genres, après la nomination de Sonia Backès au sein du gouvernement national. "On finit par oublier que l’on doit être fier d’avoir une Calédonienne là-bas, mais parce que ça intervient à un moment de l’histoire où l’on a besoin de clarté et forcément, ça pose un problème".

Un entretien qui sera à retrouver ici.