Prony Resources envisage de faire venir des travailleurs étrangers pour le projet Lucy

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Le complexe usine du Sud en juin 2021.
Le complexe usine du Sud en juin 2021. ©Françoise Tromeur / NC la 1ere
L’usine du Sud va-t-elle faire appel à 300 travailleurs indiens pour le chantier Lucy ? La rumeur a circulé, ces derniers jours, sur les réseaux sociaux. Mais qu’en est-il réellement ? Eléments de réponse.

Ce sont les communautés locales qui ont mis le sujet sur la table, en communiquant sur Facebook. L’information viendrait directement de la direction de Prony Resources. Cette main d’œuvre étrangère est destinée au projet Lucy, le futur centre de stockage et de traitement des résidus secs produits par l’usine du Sud.

Du côté du Soenc nickel, on ne décolère pas. Le syndicat de l’usine dit avoir appris la nouvelle, vendredi 15 avril, par les médias. L'information a, ensuite, été confirmée par la direction. "Je demande à voir la répartition des lots. On ne peut pas accepter l'arrivée des Indiens. Aujourd'hui, la situation économique de la Nouvelle-Calédonie va mal. Je ne dis pas qu'il faut fermer, parce qu'il y aura des postes spécifiques. Par contre, donnons la chance aux entreprises locales. Qui dit entreprise locale dit emploi local", commente Pierre Tuiteala, son secrétaire général.

Plus de 300 travailleurs étrangers

"Nous on est en colère. On est en colère pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas respecté la procédure et en plus de ça on considère cette façon d’agir comme un non-respect des partenaires sociaux", complète Alexis Falematagia, responsable de section Soenc Nickel à Prony Resources. "Sur l’emploi on nous a dit que ça va dégager de l’emploi local à hauteur de 600 à 700 emplois. Aujourd’hui, y a des entreprises communautaires qui sont sur le chantier, ok d’accord. Il y a des entreprises locales, ok d’accord, mais on ne nous a jamais parlé de la venue d’une société indienne à hauteur de 300 personnes."  

Selon nos informations, il s’agirait de près de 300 travailleurs étrangers, dont une majorité d’Indiens, avec pour mission des tâches "spécifiques", que la main d’œuvre locale ne permettrait pas de combler, selon l’industriel.

Des Philippins et des Chinois employés dans les années 2000

Pour faire venir du personnel international, l’usine du Sud a besoin de visas de travail. La demande doit être examinée par le gouvernement, mercredi 27 avril. Le Soenc nickel, lui, ne compte pas en rester là. "On va bloquer le bateau, c'est tout. Tout simplement parce qu'ils n'ont pas été clairs, ils n'ont pas été transparents avec nous, les partenaires sociaux", lâche Pierre Tuiteala.

Ecoutez la réaction de Pierre Tuiteala, secrétaire général du Soenc nickel, au micro de Coralie Cochin :

Le syndicat a finalement obtenu un rendez-vous, vendredi 22 avril, avec la direction de Prony Resources.

En Nouvelle-Calédonie, le recours à de la main d’œuvre étrangère n’est pas nouveau, dans le secteur de l’or vert. Il y a une quinzaine d’années, Goro Nickel, l’ancêtre de Prony Resources, avait fait venir plus de 2 000 Philippins, pour la construction de son usine. Juste après, Koniambo avait, à son tour, eu recours à plus d’un millier de travailleurs chinois, pour l’assemblage de l’usine du Nord.

Retrouvez, ci-dessous, le reportage de Charlotte Mannevy et Carawiane Carawiane :

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