Bagarre entre jeunes d’Ouvéa et de Maré : une coutume de pardon pour avancer

violence maré
Coutume de pardon sénat coutumier Maré et Ouvéa
Coutume de pardon au sénat coutumier le vendredi 29 avril 2021 ©NCla1ère

Le sénat coutumier a accueilli ce 29 avril les représentants des deux îles pour cette cérémonie. Elle intervient après de violents affrontements qui avaient fait quatre blessés à Magenta en début de mois. 

Les faits remontent au 10 avril dernier. A Magenta, un violent affrontement entre jeunes de Maré et d’Ouvéa se solde par quatre blessés et un appartement incendié. Depuis la tension perdure. Sous l’impulsion des  coutumiers de La Roche, c'est par la parole que le conflit s'est résolu. Ce jeudi 29 avril au sénat coutumier, avait lieu une grande coutume de pardon.

Apaiser les tensions

L’image est forte : jeunes coupables ou simples témoins des faits, membres des familles, des clans de La Roche, à genoux pour implorer le pardon à ceux d’Iaaï.
C’est la conséquence d’une fin de soirée trop alcoolisée qui a mal tourné. De la violence, des blessés, un appartement incendié, et la volonté affichée par les grands frères, les coutumiers des deux camps, d’apaiser les tensions. 
Deux semaines de rencontres et de palabres pour déboucher sur cette coutume de pardon, et rappeler aux jeunes le sens oublié des principes et de la culture kanak. 
"Ici, nous ne sommes pas chez nous déjà. Il faut se mettre dans la tête que l’espace où on est appartient à quelqu’un, à un clan, à une chefferie. Et on ne peut pas se permettre de venir se chamailler ici, en terre Drubéa Kapüme" explique Hyppolite Sinewami-Htamumu, le Grand chef du district de La Roche. "Et aussi pour rappeler aux jeunes que c’est sûr qu’il y a eu des choses qui se sont faites, mais la confiance est toujours là".


"Que la jeunesse prenne conscience des fléaux sociaux"

Au-delà de ces gestes coutumiers, du pardon accordé et du respect et de la dignité retrouvés, il y avait, attachée à cette cérémonie, une valeur éducative.
"On a voulu porter un message plus loin, le plus largement possible, pour que la jeunesse prenne conscience des fléaux sociaux qui conduisent à des conflits qui pourraient être évités" commente Alexandre Mataïcka, un des responsables des jeunes d’Ouvéa. 
Si les protagonistes se sont pardonnés, l’alcool qui a manifestement déclenché l’escalade était au cœur des nombreuses interventions. Mais ce fléau social dépasse largement l’espace coutumier. 
Il en restera la portée pédagogique pour ceux qui auront retenu le message.
Le reportage de Bernard Lassauce et Claude Lindor