VIDEO. Immersion calédonienne : retour sur le 69e anniversaire de la disparition de "la Monique"

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NC la 1ère vous fait (re)vivre les commémorations en hommage aux disparus de "la Monique" qui ont eu lieu un peu partout sur la Grande terre et les îles Loyauté, entre le lundi 25 et le dimanche 31 juillet 2022.

Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1953, entre Maré et Nouméa, 126 passagers et membres d'équipage du caboteur la Monique ont disparu corps et biens. Entre le lundi 25 et le dimanche 31 juillet 2022, à l'occasion du 69e anniversaire de cette tragédie, les commémorations se sont succédées pour leur rendre hommage.

Le mystère reste entier

La Monique quitte Nouméa le 23 Juillet 1953 et fait le tour des îles Loyauté. Lorsqu'elle arrive, cela fait deux mois qu'aucun bateau n'a fait de rotation. Selon Alain Le Breüs, spécialiste de l'histoire du cabotage en Nouvelle-Calédonie, lors de ce voyage-là, le bateau est chargé au maximum. En effet, il faut évacuer le coprah des îles et transporter les passagers, privés de bateau pendant un certain temps, qui veulent se rendre à Nouméa. D'après celui qui est également président du conseil d'administration du musée maritime, le bateau, presque à fond plat, est excessivement chargé et sa stabilité n'est pas assurée.


Le capitaine, Charles Ohlen, n'avait que 26 ans. Son fils raconte qu'il souhaitait démissionner après avoir alerté les autorités des problèmes récurrents de sécurité. C'est ce que révèlent les courriers échangés avec ses parents. Si le mystère qui entoure la disparition de la Monique et de ses passagers reste entier, c'est parce que l'épave du navire n'a jamais été retrouvée, malgré plusieurs campagnes de recherches.

Il y a eu un moment d'espoir de retrouver 'la Monique' pendant plusieurs semaines (...) et puis les recherches ont été arrêtées (...)

Katreie Wiwane, porte-parole de la chefferie de Xépénéhé

Un travail de mémoire à travers toute la Calédonie

À Lifou, d'où sont parties 59 personnes, un monument a été dévoilé au cours des commémorations du 69e anniversaire de la disparition de la Monique. Pour les descendants et les familles des disparus, l'important est de garder l'histoire en mémoire. Le gouvernement calédonien souhaite qu'elle soit enseignée aux plus jeunes.

Tout est transmis, les moments douloureux et aussi le fait que l'avenir est devant nous. Si on a une mémoire, c'est pour permettre d'avancer, un peuple sans mémoire est amené à disparaitre.

Bassié Ijezie, chef de la tribu de Hunetë

À Tadine, à Maré, se trouve également un monument avec le nom des 108 passagers et 18 membres d'équipage car c'est là-bas que le caboteur a été vu pour la dernière fois le 31 juillet 1953.

Cette disparition fait partie de l'histoire récente de la Calédonie et lie les familles des 126 passagers originaires de tout le pays. Pour beaucoup de descendants de disparus et leur famille proche, c'est une douleur et une blessure qui a du mal à cicatriser.