Houaïlou : peine de prison pour un homme de 57 ans après une agression au dispensaire

justice houaïlou
Tribunal de première instance de Nouméa, palais de justice, septembre 2020
©Natacha Lassauce-Cognard / NC la 1ere
Le 19 octobre, à Houaïlou, le médecin-chef du dispensaire et une infirmière étaient violemment pris à partie par l'entourage d’un patient. Des poursuites ont été engagées envers plusieurs membres de la famille, dont l'un vient d'accepter une peine de prison.

Insultes, y compris à caractère raciste, menaces, violences physiques : le personnel soignant a vécu un très mauvais moment, le matin du mardi 19 octobre, au centre médico-social de Houaïlou. Une agression après laquelle un père de famille âgé de 57 ans a été condamné, annonce le procureur de la République ce vendredi 29.  

A la prise en charge d'un patient

Yves Dupas rappelle les faits, qui s'inscrivent dans un contexte délétère au dispensaire. Ce matin-là, relate Yves Dupas, "alors que le médecin organisait le transport du patient vers le centre hospitalier de Koné au vu de son état de santé critique, les parents du patient ainsi qu’un autre membre de la famille proféraient des insultes envers les professionnels  de santé (…) et menaçaient de représailles le médecin".

Alors que le malade est installé dans une ambulance, le père, particulièrement énervé, saisit avec force le bras du médecin lors de la fermeture d'une portière, en la poussant violemment. Et jusqu’au départ de l’ambulance, le groupe de personnes continue à proférer des insultes et des menaces à l’égard du personnel de santé. Toujours selon le procureur, l'examen mené sur le médecin a révélé un stress post-traumatique sans lésion physique.

"Enervé" par une décision du médecin

Au cours de l’enquête diligentée par les gendarmes de Houaïlou, le père du patient, placé en garde à vue, a reconnu les faits d’outrage et de violences volontaires sur le médecin. Il a admis "s’être énervé suite au refus du médecin de faire hospitaliser son fils à Nouméa, malgré sa demande". Précisant "qu’il s’agissait du premier différend avec le personnel du dispensaire, il a voulu présenter ses excuses à la victime", indique encore Yves Dupas.
 
Le parquet a décidé d’engager des poursuites contre cet homme qui présentait "des antécédents judiciaires très anciens". Cela a été fait par la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, "sur défèrement organisé le 28 octobre 2021".

Peines proposées et acceptées

Le père de famille était poursuivi pour outrage à personne chargée d’une mission de service public et violence volontaire sans incapacité de travail sur un personnel de santé. Il a accepté les peines proposées : six mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire durant dix-huit mois, comprenant 180 heures de travail d’intérêt général et la réparation du préjudice (renvoi sur intérêts civils pour le médecin, versement d’un franc symbolique pour la province Nord qui gère le CMS).

Il est aussi interdit de séjour à Houaïlou durant trois mois "avec exécution provisoire". Quant à la mère et la sœur du patient, poursuivies pour outrages sur personne chargée d’une mission de service public, elles sont convoquées le 9 mai 2022. Là aussi en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.

Une triste tendance

Le parquet de Nouméa dénonce au passage des "comportements d’agression ou d’intimidation qui tendent à se multiplier depuis plusieurs mois sur le territoire". 

Au-delà du préjudice personnel causé aux professionnels de santé, victimes de ces agressions verbale ou physique, ces agissements inadmissibles viennent perturber le fonctionnement des services de soins, en heurtant profondément les valeurs de cohésion et d’unité sociale, alors que ces personnels soignants sont au premier rang de la lutte contre l’épidémie du Covid-19.

Yves Dupas, procureur de la République