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Trois ans après la catastrophe, Houaïlou n'a pas fini de se reconstruire

catastrophes naturelles houaïlou
Abel Euribeari à Ouakaya, novembre 2019
Abel Euribeari montre l'endroit où vivaient une maman et sa fille, victimes des glissements de terrain. ©Nadine Goapana / NC la 1ere
Le 22 novembre, une date marquée au fer rouge en Nouvelle-Calédonie : en 2016, Houaïlou subissait d’importants glissements de terrain et inondations. Ils ont emporté huit habitants et laissé d'énormes dégâts matériels. Trois ans après, la commune continue à se relever.
Ce 22 novembre 2016, des pluies diluviennes s’abattent sur la côte Est dans la région de Houaïlou. Vers 6 heures du matin, les habitants de Wakaya et Gouareu, deux tribus du district de Néouyo, sont pris en étau. Derrière eux, côté montage, d’impressionnants glissements de terrain détruisent tout sur leur passage. Face à eux, la rivière sort de son lit. Des torrents de boue déferlent dans la vallée.
Le rappel du drame par Nadine Goapana :

Le 22 novembre 2016 à Houaïlou

 

Terrible bilan 

D’important moyens, militaires et civils, sont dépêchés vers la commune en partie ravagée. Il faut évacuer les blessés, rouvrir des accès routiers, venir en aide à la population, et chercher les disparus. Le bilan humain est terrible, Houaïlou pleure huit de ses habitants. A Wakaya, le corps d’une petite fille de cinq ans n'a jamais été retrouvé. Sans oublier une dizaine de blessés encore traumatisés aujourd'hui.
 

Depuis, je n'ai pas traversé la grande rivière. J'ai peur de l'eau.
- Valentine Hmé

 
Valentine Hmé, victime des glissements de terrain du 22 novembre 2016 à Houaïlou
Valentine Hmé a été atteinte à l'épaule, aux côtes et au pied, pour ne parler que des blessures visibles. ©Nadine Goapana / NC la 1ere

Ecoutez les témoignages recueillis à Wakaya par Nadine Goapana :

Témoignages trois ans après la catastrophe de Houaïlou

 

En attendant le lotissement communal

Durant les trois années qui se sont écoulées depuis la catastrophe, la mairie de Waa Wi Lûû a procédé à des travaux de remblai et de nettoyage des tribus sinistrées. Des terrains situés en dehors des zones à risque, toujours en tribu, ont été viabilisés pour les rescapés. D’autres sinistrés sont relogés au village en attendant qu’un nouveau lotissement communal soit bâti. Le chantier a commencé cette année, avant d'être mis à l’arrêt par un clan qui revendique cet espace. Des discussions sont en cours.
Le point avec le maire Pascal Sawa, au micro de Nadine Goapana :

Relogement des sinistrés de Houaïlou, Pascal Sawa

 

«Que je puisse bâtir ma maison»

Dans la catastrophe, Maxime Poedi a perdu quatre membres de sa famille, dont sa fille. Sur le plan matériel, cet homme originaire de Gouareu et son fils ont été privés de leurs maisons, détruites par les glissements de terrain. Depuis trois ans, Maxime est logé par la mairie au village. Comme les autres bénéficiaires du programme de terrassement en tribu, mis en place par la commune, il réclame que cela se fasse à sa tribu de Gouareu, dans une zone sécurisée. D'autres habitants de Gouareu et Wakaya y ont eu droit mais ni lui ni son fils, dénonce-t-il.
Ses explications au micro de Nadine Goapana :

Houaïlou trois ans après, Maxime Poedi

 
Houaïlou, panneau indiquant les zones de refuge en cas de risque de glissement de terrain
Panneau indiquant les zones de refuge en cas de risque. ©Nadine Goapana / NC la 1ere
 

Prévenir le risque

Au-delà des sinistrés à accompagner, il s'agit d'éviter à tout prix qu'une telle chose se reproduise. «On a mis en place un process de mise en sécurité des gens quand il y a des événements ou des phénomènes climatiques dangereux, relate Pascal Sawa. On travaille avec la province Nord, avec l'internat de Wani, pour avoir une zone-refuge dès qu'il y a une alerte qui est déclenchée. Les zones de secours sont bien identifiées, il y a des systèmes de navettes…» 
 
Pascal Sawa, maire de Houaïlou, novembre 2019
Pascal Sawa, maire de Houaïlou. ©Nadine Goapana / NC la 1ere
 

Une carte des aléas mouvements de terrain

En parallèle, la commune réfléchit, en partenariat, à la prévention des risques à long terme. Une carte des aléas mouvements de terrain à Houaïlou a été réalisée avec le BRGM, le bureau de recherches géologiques et minières. «Aujourd'hui, on peut continuer à construire sereinement, avec une bonne connaissance de ce risque-là et une optimisation de notre espace.»
Les explications du maire au micro de Nadine Goapana : 

Prévention des risques à Houaïlou, Pascal Sawa


Le reportage de Nadine Goapana et Jean-Noël Méro 
©nouvellecaledonie
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