Incendie de Koumac : les trois prévenus condamnés à de la prison ferme

Le cabinet médical incendié à Koumac.
Jugés ce mardi en comparution immédiate au tribunal de Nouméa, les deux principaux mis en cause dans le feu qui a ravagé un cabinet médical à Koumac ont été condamnés à six ans de prison. Le troisième, à trois ans.

Ils encouraient dix ans de prison. Huit années ont été requises par le procureur. Et la condamnation est tombée ce mardi après-midi : deux des trois jeunes homme impliqués dans l'incendie au village de Koumac ont été condamnés à six ans d'emprisonnement. Le troisième écope d'une peine de trois ans. Le trio était jugé en comparution immédiate pour ce feu qui a choqué au-delà de l'Extrême-Nord. Dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 juin, il a ravagé un bâtiment en bois et en tôles qui abritait le cabinet du plus ancien médecin généraliste exerçant à Koumac, et un cabinet infirmier. L'office municipal des sports avait également été saccagé.

- Qu'est ce que ça veut dire quand on incendie une case ou un bâtiment ? C'est signe de vengeance, ou ça veut dire : 'dégage' !

Thierry Lefevre, le président du tribunal

"On était alcoolisés"

Les trois auteurs, tous natifs de la commune, sont âgés de 19 à 23 ans. Le médecin, une infirmière et la municipalité se sont constitués parties civiles dans ce procès. Après avoir désigné les deux autres lors de l’audition chez les gendarmes, l’incendiaire a avoué devant le tribunal : il a mis le feu au cabinet médical avec du gel hydro-alcoolique et un briquet. Et de déclarer : "Je n’ai rien contre le Dr Forcin, c’est juste une connerie. On était alcoolisés."

"C'est un vrai préjudice pour la population", s'indigne le président du tribunal, qui s'est heurté à trois jeunes peu bavards. "On n'a pas réfléchi", dit l'un. Le troisième parle de "regrets". Le maire de Koumac raconte cette bande qui multiplie les délits depuis six mois : "Tous les soirs je me couche en ne sachant pas ce qui va se passer dans la nuit." Wilfrid Weiss, parle d'un "sentiment d'impunité". Il rapporte les propos du "président du conseil des anciens qui veut des sanctions exemplaires."

Je suis triste, et déçu. J'ai perdu beaucoup après 33 ans de travail à Koumac.

Le docteur Philippe Forcin

La pharmacie a failli brûler aussi

Le témoignage le plus touchant reste celui du médecin. « Ces gosses, je les ai vus grandir, je les ai pesés, mesurés, je connais leur famille, s'émeut Philippe Forcin. J’ai perdu mon outil de travail, ils vont aller en prison, tout ça pour rien. » Un nouveau local pourrait accueillir bientôt ses consultations. Mais tous les dossiers des patients ont été réduits en cendres. La question des dommages et intérêts sera abordée en novembre prochain au tribunal.

Le reportage de Loreleï Aubry, Julie Straboni et Laura Schintu : 

©nouvellecaledonie