L’usine KNS placée en veille suite au conflit avec des coutumiers du Nord

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Usine du Nord KNS, Koniambo Nickel, 2020
L'usine du Nord en 2020. ©NC la 1ere
Le conflit qui oppose les coutumiers du massif du Koniambo à la direction de KNS a poussé cette dernière à placer son usine en veille depuis ce 14 juillet. Le four n’est plus alimenté et la plupart des employés sont invités à rester chez eux.

L’annonce de la mise en veille a été faite par la direction ce mercredi 14 juillet au soir, sur fond de conflit social. Des blocages sont en cours devant le site depuis le 4 juillet
Selon les coutumiers de la zone, c’est un appel d’offre pour des forages et dynamitages sur mine qui pose problème. Marché que les coutumiers de la zone du massif du Koniambo, en partenariat avec une société installée en Nouvelle-Calédonie, ont perdu en fin d’année dernière.

Contraints à la mise en veille

Un conflit pousse donc la direction de KNS à suspendre l’activité de l’usine. La majeure partie des 1200 employés ont été invités à rester chez eux. 
L’usine du Nord a été mise en veille. En clair, le four n’est plus alimenté en minerai. L’usine conserve juste l’énergie suffisante pour maintenir le bain chaud et protéger l’intégrité du four.
"On a été contraints de placer notre usine en veille, parce que les blocages intermittents qui se produisent à l’entrée du site ne nous permettent pas d’avoir les personnels dans les bonnes conditions pour travailler de manière sécuritaire" explique Alexandre Rousseau, directeur des ressources humaines et directeur de la communication de KNS. "Les temps de travail des personnes qui sont sur le site se sont allongés progressivement au fur et à mesure du conflit et on est arrivé à un moment où on n’a plus les effectifs suffisant dans les bonnes conditions pour opérer d’une manière sécuritaire". 

Discuter oui, mais avec des accès libres 

Pour entamer les négociations, KNS a posé comme préalable d’avoir des accès libres à l’usine. "On est toujours ouverts à la discussion. On sait que c’est par la discussion qu’on sortira par le haut de ce conflit mais on ne peut pas discuter sous la contrainte d’un blocage et la mise en danger de nos opérations et de nos personnes".

Un mauvais timing

Pour Alexandre Rousseau, cette mise en veille de l’usine tombe mal. 
"C’est d’autant plus regrettable que depuis un mois et demi, on avait réussi pour la première fois de notre histoire à atteindre nos cibles de production sur une ligne, même les dépasser pour le mois de juin. Donc c’est le pire des moments pour nous d’avoir ce type de blocages".  
A noter que l’impact financier du conflit en cours n’est pas encore estimé par la direction.

Alexandre Rousseau était l’invité du journal radio de 6 h 30 avec Malia Noukouan : 

Alexandre Rousseau itw

"Manoeuvre de communication" pour les manifestants

Du côté des manifestants, on parle de manoeuvre de communication de la part de la direction. "La mise en arrêt de l’usine, c’est une opération de maintenance programmée qui était prévue au mois de mars. Et ce shut-down a été retardé parce qu’il y a eu le confinement" estime Ronald Frère, conseil de la Sas Koniambo massif.
Il justifie le mouvement des coutumiers, joint par Alix Madec 

KNS itw Frère

Pour l’heure aucune rencontre n’est prévue entre la direction et les membres du collectif du massif de Koniambo.
Saisi, le tribunal de Koné devrait se prononcer ce vendredi concernant la possible assignation des personnes qui entravent l’accès du site.

Le reportage de Gilbert Assawa et Nathan Poaouteta