Décès d’une femme à Bourail : son concubin mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

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palais de justice de Nouméa, 9 mars 2022, tribunal
Au palais de justice de Nouméa. ©NC la 1ère
Après la mort d’une mère de famille trentenaire à la tribu de Ny à Bourail, son concubin a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, indique le procureur de la République ce lundi.

Le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas, indique ce lundi soir que l’homme, suspecté d’avoir frappé sa compagne à mort à la tribu de Ny à Bourail, a été mis en examen du chef d’homicide volontaire par conjoint ou concubin. Il a également été placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention.

Le procureur précise que le parquet, "qui avait communiqué des réquisitions de placement en détention provisoire, se réserve la possibilité de faire appel de cette décision de placement sous contrôle judiciaire". Le mis en cause, âgé de 32 ans, n’avait pas d’antécédent judiciaire, hormis une infraction routière.

Sa concubine, une jeune femme âgée de 33 ans, a été retrouvée inanimée dans son lit le samedi 30 juillet, selon les membres de sa famille. Les sapeurs-pompiers de Bourail et le médecin du dispensaire sont intervenus en fin de matinée à son domicile. Malgré plusieurs tentatives de réanimation, son décès a été constaté à 12h30.

L'autopsie prévue dans les prochains jours

Le médecin du dispensaire a relevé deux hématomes sur le corps de la victime : l’un au niveau de l’œil droit et le second sur la pommette droite. Il ressort de l’examen scannographique du corps de la victime, réalisé ce dimanche 31 juillet, "la présence d’un œdème cérébral marqué associé à une hémorragie intra-cranienne aïgue, un pneumothorax ainsi qu’une lésion thoracique". Des éléments susceptibles d’être "compatibles avec un traumatisme résultant de l’intervention d’un tiers". L’autopsie, ordonnée par le parquet est prévue, dans les prochains jours.

L’enquête confiée à la section de recherches de Nouméa et à la brigade de gendarmerie de Bourail a permis d’établir que le couple avait consommé plusieurs bouteilles d’alcool au cours de la soirée du vendredi 29 au samedi 30 juillet en présence de plusieurs proches. 

Les protagonistes se sont disputés à deux reprises, ce qui a nécessité l’intervention de la cousine de la victime. Toutefois, aucun témoin n’a déclaré avoir constaté des lésions de violences sur la victime.

Placé en garde à vue, le samedi 30 juillet à 13h45, le concubin de la victime a reconnu s’être fortement alcoolisé avec sa compagne. "Outre les insultes réciproques, il [a admis] avoir porté une gifle ainsi qu’un coup de poing sur la joue droite, lorsque sa compagne  [s'en est pris] à lui en le griffant", indique le procureur. Des traces de griffure ont d’ailleurs été constatées sur le corps du mis en cause. 

Il a ajouté qu’ils s’étaient tous les deux mis au lit vers 2 heures et qu’il avait entendu sa compagne ronfler à un moment. Il reconnaissait des relations parfois conflictuelles avec sa concubine, générant des violences réciproques, notamment dans un contexte d’alcoolisation. La victime avait trois enfants, dont deux avec son compagnon, aujourd'hui âgés de 2 et 8 ans.