Rock Apikaoua mis à l'honneur pour ses trente ans «au service des autres»

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Jubilé du père Apikaoua, trente ans de prêtrise, grande chefferie de Vao (15 décembre 2017)
Le père Apikaoua de retour à l'île des Pins pour son jubilé. ©NC 1ère / Sheïma Riahi
Le 18 décembre 1987, Rock Apikaoua était ordonné prêtre à Vao. Ce sont donc trois décennies de vocation religieuse et de services rendus aux autres qui sont célébrées tout le week-end, à l'île des Pins.
La grande chefferie de Vao résonne de chants religieux. Elle reçoit ce vendredi Rock Apikaoua, dont les trente ans de sacerdoce vont être célébrés à l'île des Pins jusqu'à lundi. Un événement que la population kunié prépare depuis plusieurs mois. Quatre jours durant, les habitants et les fidèles vont vivre au rythme de l'église et du christianisme. Arrivé à la mi-journée, le père Apikaoua a été accueilli par le grand chef, Hilarion Vendegou. Une coutume a été présentée, avant le partage d'un repas sous les chapiteaux de la chefferie.

Dix paroisses représentées​

Dix paroisses catholiques de la Nouvelle-Calédonie ont répondu à l'invitation des Kunié pour ce jubilé. Les délégations sont attendues samedi matin. Plus de 300 fidèles devraient converger. Au programme : des ateliers, des rencontres, des échanges, avec les jeunes notamment. La grand-messe, lundi, sera le point d'orgue des célébrations. Une messe d'action de grâce célébrée à Saint-Maurice et animée par la paroisse de Kunié.

Jubilé du père Apikaoua, trente ans de prêtrise, grande chefferie de Vao, femmes en tressage (15 décembre 2017)
La population de l'île des Pins prépare l'événement depuis des mois. ©NC 1ère / Sheïma Riahi

Le seul prêtre originaire de Kunié

Rock Apikaoua représente le seul prêtre originaire de l'île. Même s'il est né dans le Grand Sud, à la tribu de Waho, le 5 octobre 1955, parce que son père travaillait au barrage de Yaté. Dernier d’une famille de onze enfants, c'est à cinq ans seulement qu'il a rejoint Kunié. Après le primaire, il a poursuivi à l’école artisanale pour apprendre un métier. Il a ainsi participé à la construction de l’église à Vao et c'est là qu'il sera ordonné prêtre le 18 décembre 1987.

Fait diacre à Mahamate

Deux ans plus tôt, Rock Apikaoua était fait diacre à Balade, au Nord-Est de la Grande Terre. Cette vocation a germé après le service militaire, quand la communauté de l’île des Pins a émis le besoin de catéchistes. Une formation au monastère de Saint-Louis l'a conduit jusqu'à Poindimé. Le chemin du jeune Rock était tracé.

«Au travers de la diversité culturelle, chacun peut être soi, et en même temps rester disponible à l'autre. C'est dans cette alchimie-là que un chemin vers l'avenir peut se faire. En tout cas, ce fut le mien.»


L'importance de la diversité

Il s’est envolé pour le séminaire régional de Suva, à Fidji. Sept ans d’études et de cette expérience, il retient la diversité culturelle: «Au travers de la diversité culturelle, chacun peut être soi, et en même temps rester disponible à l'autre. C'est dans cette alchimie-là que un chemin vers l'avenir peut se faire. En tout cas, ce fut le mien.»

«La première qualité qu'il faut mettre en exergue, c'est la confiance en ceux et celles qui sont en conflit.»


Sollicité pour des situations difficiles

Vicaire général, administrateur de la cathédrale, modérateur de l’équipe de prêtres et diacres qui travaillent au centre de Nouméa et aux îles Loyauté, le père Apikaoua est souvent sollicité pour des situations difficiles. «La première qualité qu'il faut mettre en exergue, c'est la confiance en ceux et celles qui sont en conflit. En se disant que l'état de conflit n'est pas non plus un état permanent de la vie et en gardant confiance les uns aux autres, on arrive à faire comprendre que si ils ont été en mesure de se créer des conflits, ils ont aussi les solutions avec eux. Mais il faut les accompagner pour qu'ils trouvent ces solutions, qui ne viennent pas de l'extérieur.» 

Parler vrai (05/05/13)
Alexandre Rosada, Sammy Ihage, Père Rock Apikaoua, Jean-Marie Dassule et Simon Loueckhote sur le plateau de « Parler vrai » ©Nouvelle-Calédonie 1ère

«On n'est pas issus des urnes. C'est quelque chose qui est propre à la Calédonie, qui a fonctionné en d'autres temps et qui peut fonctionner aujourd'hui.»

 

Evoqué pour la commission des sages

Acteur de la réconciliation entre les familles Tjibaou et Wea, le père Apikaoua a vu son nom évoqué après la proposition du Premier ministre, Edouard Philippe, de mettre en place une commission des sages pour veiller à la bonne tenue de la campagne référendaire. «On n'est pas issus des urnes. C'est quelque chose qui est propre à la Calédonie, qui a fonctionné en d'autres temps et qui peut fonctionner aujourd'hui, réagit-il. Si au début de l'année prochaine, il n'y a pas eu de convocation, ce sont d'autres gens qui seront dans cette commission.»

«On a montré de l'intelligence hier, ce qui nous a permis de vivre ces trente ans. Je crois que cette intelligence est toujours là. Il faut la mettre en avant et, encore une fois, la confiance vient quand on se fréquente les uns les autres.»


Une vision de l'avenir

Comment Rock Apikaoua voit-il l'avenir? «On a montré de l'intelligence hier, ce qui nous a permis de vivre ces trente ans. Je crois que cette intelligence est toujours là. Il faut la mettre en avant et, encore une fois, la confiance vient quand on se fréquente les uns les autres. Il faut peut-être que nous autres Calédoniens, nous faisions de sorte que les parallélismes soient quelque peu remaniés. Pour qu'on soit véritablement les uns avec les autres.»

Souvenir et projection​

Ecoutez le père Apikaoua évoquer de sa voix si posée des souvenirs comme son ordination en tant que diacre sous le banian de Mahamate, ou dire sa vision du jubilé célébré ce week-end.


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