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Tomoo, ce câble sous-marin qui partirait de l'île des Pins 

internet ile des pins
Projet de câble sous-marin Tomoo
©NC la 1ere
Un second câble sous-marin en passe de se concrétiser ? Baptisé Tomoo, ce projet privé à deux milliards de francs CFP propose de raccorder la Nouvelle-Calédonie au tuyau existant Hawaiki. Il a convaincu les coutumiers de l'île des Pins où il doit émerger. Mais pas encore le gouvernement, ni l'OPT.
C’est au large des eaux turquoises de l’île des Pins que serait déployé Tomoo. Un câble sous-marin long de 800 kilomètres qui porte le nom du tricot rayé en langue nââ kwenyï. Véritable autoroute numérique, il pourrait d'ici 2021 relier la Nouvelle-Calédonie à l’Australie ainsi que la Nouvelle-Zélande et au-delà, jusqu’aux Etats-Unis. Un projet estimé à deux milliards de francs CFP, financé par fonds privés. 
 
Projet de câble Tomoo : sur la plage de Vouto, Rémi Galasso (Hawaiki), Hilarion Vendegou et Steffen Holtz (SCCI).
Sur la plage de Vouto, Rémi Galasso, Hilarion Vendegou et Steffen Holtz. ©NC la 1ere
 

Garanties

Pour envisager son enfouissement, la SCCI en charge du projet - la Société calédonienne de connectivité internationale - a dû fournir des garanties environnementales.
 

Des études ont été déjà menées, notamment des études sur les fonds dans le lagon. Mais ensuite, on aura d’autres études supplémentaires, notamment des études bathymétriques, pour bien repérer les patates par exemple, de manière à les éviter, et également pour repérer les mines de la Deuxième guerre mondiale qui ont été posées par nos amis américains, qu’il faut aujourd’hui déminer pour poser le câble Tomoo.
- Rémi Galasso, société Hawaiki

 
Hilarion Vendegou, grand chef et maire de l'île des Pins, signant le protocole coutumier autour du futur câble Tomoo, 29 novembre 2019
Hilarion Vendegou, grand chef et maire de l'île des Pins, signant le protocole coutumier autour du futur câble Tomoo. ©Laurence Pourtau / NC la 1ere
 

Acte coutumier

Des arguments qui ont su convaincre les autorités des huit tribus de l’île des Pins. A côté de la grande chefferie, un acte coutumier a été signé jeudi, scellant leur partenariat avec les porteurs du projet. 
 

C’est l’éducation, c’est l’information, c’est l’instruction mais c’est aussi une ouverture sur le monde
- Hilarion Vendegou, grand chef et maire de l'île des Pins

 
Projet de câble Tomoo, Steffen Holtz (SCCI).
©NC la 1ere
 

Depuis la presqu'île de Kuto

Concrètement, le câble optique prendrait naissance à la petite plage de Vouto, sur la presqu'île de Kuto. Enterré à 1,5 m de profondeur, il rejoindrait à 150 mètres de là le premier relais téléphonique de l’OPT. Grâce à un navire spécialisé, il serait ensuite posé sur les fonds sous-marins à très grande profondeur. Et serait connecté par une sorte de double prise géante au câble déjà existant Hawaiki, qui relie l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis. 
 

Ce câble a une capacité de trois mille fois les besoins de la Nouvelle-Calédonie. Donc le but de la SCCI, c’est augmenter sensiblement les débits en Nouvelle-Calédonie pour les utilisateurs professionnels et les particuliers, en baissant également le prix du mégabit à l’international. On s’est engagé publiquement [à] le baisser [de] moitié.
- Steffen Holtz, directeur général de la SCCI

 
Carte des câbles internet
 

En attente d'autorisations

Reste que l’OPT ne s’est pas associé au projet (l'office a organisé le même jour l'inauguration d'un site mobile de 4G à Dumbéa). Reste aussi que le gouvernement calédonien n’a pas encore accordé son feu vert. La SCCI se donne jusqu’à la fin de l’année pour obtenir l’autorisation de tous les acteurs, économiques et politiques, du pays. 

Le reportage de Laurence Pourtau et Gaël Detchevery :
©nouvellecaledonie
 

Suivi par la province îles

Une cérémonie à laquelle assistait entre autres Jacques Lalié, et pour cause : la province îles qu'il préside «ambitionne de s’associer au projet Tomoo pour un raccordement au câble d’Hawaiki». Un projet qualifié de «solution innovante» et d'«opportunité à moindre coût, pour réduire la fracture numérique vis-à-vis de nos îles».
  

Sécuriser l'internet calédonien

Voilà plusieurs années qu'il est question de sécuriser l'internet calédonien, en ralliant la plate-forme étatsunienne via un nouveau câble international. De quoi assurer un relais si Gondwana 1 venait à rompre. En 2016, un appel d’offres a été lancé, pour lequel deux fournisseurs se sont portés candidats - ASN-Submarine Network et Hawaiki. Appel d'offres classé sans suite en octobre 2018n car l'OPT a jugé les deux offres trop coûteuses. En mars 2019, l’OPT a donc relancé un appel d’offres pour un second câble. Il se donne jusqu’en 2020.
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