Le projet de réaménagement de l’Anse-Vata ne fait pas l’unanimité

mer nouméa
61da37afdbb8e_nea-reactions-reamenagement-anse-vata-1.jpg
Les professionnels craignent que leurs installations soient trop éloignées de la plage. ©Alix Madec / NC la 1ère
Près de 2 milliards de francs CFP vont être engagés par la ville de Nouméa pour stabiliser et limiter l’érosion de la plage de l’Anse-Vata, tout en élargissant la promenade aux vélos et aux piétons. Une décision qui fait réagir, tant les pratiquants de sports de glisses que les professionnels.

Le réaménagement de l’Anse-Vata en une large promenade a été voté à l’unanimité, en conseil municipal de la mairie de Nouméa, en septembre 2021. Des travaux maritimes afin de lutter contre l’érosion, mais aussi terrestre, pour aménager la promenade et faciliter l’accès aux piétons et aux vélos. Cette décision ne suscite pas l’enthousiasme des responsables d’école de voile et d’entreprises de location de matériel. 

Depuis plus de dix, ans Mathieu donne de la voix sur l’Anse Vata. Ce passionné de glisse, partage ses précieux conseils avec ses élèves dans son école de voile, mais aussi ses clients, qui viennent louer du matériel de windsurf ou de wingfoil. Son camion est situé en face de la plage : une aubaine pour le professionnel. Mais à l’annonce du projet de réaménagement du site en septembre dernier, il déchante.

Des bâtiments trop éloignés de la plage

"Le problème, c’est qu’ils vont nous mettre un emplacement, mais nous allons devoir porter la quarantaine de matériels que l’on met à l’eau par jour. C’est sûr que là, physiquement, cela va être autre chose. Il y aura quand même un marché ambulant, mais qui sera quand même vachement excentré. Il sera au niveau des parkings de voiture", explique Mathieu.

Il espère donc avoir un accès pour rentrer sur la zone piétonne et pouvoir installer une paillote en bois "qui serait cachée derrière un conteneur aménagée et que l’on puisse déplacer s’il y a la moindre organisation sur l’Anse-Vata". Une structure légère qui lui permettrait d’accueillir le public de son école de voile.

61da38171697c_nea-reactions-reamenagement-anse-vata-2.jpg
Pour les pratiquants de sports de glisse, c’est l’absence d’espace pour gréer les planches qui pose problème. ©Alix Madec / NC la 1ère

Des stationnements reculés

L’objectif premier de la mairie de Nouméa est de stabiliser la côte, de limiter l’érosion du rivage et d’élargir la promenade aux vélos et aux piétons. Le stationnement se fera donc plus loin que d’ordinaire. Une déception pour les pratiquants réguliers de wingfoil, comme Philippe. "Cette plage, personne n’y vient pour bronzer ou quoi que ce soit. Il y a du monde vraiment que quand il y a des activités nautiques. Il va y avoir une grosse difficulté pour se garer, il n’y aura plus de pelouse pour pouvoir gréer", déplore-t-il.

Il va y avoir un dénivelé d’à peu près trois mètres, en béton. Nous allons nous retrouver avec la promenade des Anglais à l’Anse-Vata.

Philippe, adepte du wingfoil

Un manque de concertation

Le chantier de réaménagement, d’un coût estimé à près de 2 milliards de francs CFP, sera opéré en plusieurs étapes. Il devrait être lancé en ce début d’année. Associations et professionnels ont été conviés à une première réunion avec la mairie, le 24 décembre, mais tous regrettent un manque de concertation.

« Les travaux pour lutter contre l’érosion, nous avons bien compris qu’ils étaient indispensables. Les travaux qui sont prévus sont, en tout cas, ceux qu’il faut faire pour que la plage soit consolidée et que nous n’ayons plus les problèmes que nous connaissons actuellement. Cela, nous ne le remettons absolument pas en cause », reconnait Antoine Wiplier, trésorier de l’association néo-calédonienne de glisse. « Ce sont vraiment les aménagements qui sont prévus qui ne correspondent pas à la pratique des sports nautiques », insiste toutefois, le trésorier.

Des propositions ont été formulées auprès de la mairie. Ils se retrouveront autour d’une seconde réunion, à la fin du mois de janvier prochain.

Retrouvez le reportage d’Alix Madec :

Des réactions mitigées au réaménagement de l’Anse-Vata