Réactions calédoniennes à la mort du nationaliste corse Yvan Colonna

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Ouvéa drapeaux corse et Kanak
Drapeau corse associé au drapeau du FLNKS, dans le nord d'Ouvéa, en 2018. ©David Ponchelet / la1ere.fr
C'est le mardi 22 mars, heure de Nouméa, qu'on a appris la mort du nationaliste corse Yvan Colonna, trois semaines après son agression à la prison d'Arles, où il était incarcéré pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998. Une disparition qui fait écho jusqu'en Nouvelle-Calédonie.

Si l’amicale corse n’est plus en activité, de nombreux habitants de Calédonie sont originaires de l’"île de beauté". Parmi eux, Eric Franceschini, ancien président de l’amicale, interrogé par NC la 1ère. "Yvan Colonna est né en 1960, nous sommes à peu près de la même génération, et dans les gens qui étaient autour de lui au moment des événements de 98, j'ai compté quelques amis avec qui j'étais en classe", réagit-il.

"Beaucoup de tristesse", poursuit-il, "et beaucoup d'étonnement sur la façon dont ça s'est passé. Légitimement, comme beaucoup de Corses, nous nous posons la question sur la façon dont de telles choses peuvent se passer. Je ne dis pas que c'est exceptionnel, ou dirigé, simplement que ça suscite le questionnement, de par l'observation continue dont M. Colonna faisait l'objet."

Mort d'Yvan Colonna : réaction d'Eric Franceschini, joint par Charlotte Mestre 1

Il a représenté à un moment donné, pour [ma] génération, ce mouvement autonomiste qui était au départ une reconnaissance du peuple corse. Aujourd'hui, je dirais que, malheureusement, avec sa mort, il va devenir, surtout au niveau des jeunes qui ne l'ont pas connu, l'équivalent d'un martyr.

Eric Franceschini, ancien président de l'amicale des Corses et amis de la Corse en Nouvelle-Calédonie

Mort d'Yvan Colonna : réaction d'Eric Franceschini, joint par Charlotte Mestre 2

Le FLNKS exprime sa solidarité

Autre réaction à la mort d'Yvan Colonna, celle de la sphère indépendantiste kanak, qui entretient de longue date des liens étroits avec les nationalistes corses. Le bureau politique du FLNKS a fait part de sa "tristesse" dans un communiqué diffusé mardi après-midi et signé Pierre Chanel Tutugoro. Il évoque "un militant engagé pour la libération et l’émancipation de la Corse face à un Etat colonial français qui demeure sourd et méprisant envers les aspirations nationalistes corses".

En poursuivant : "Sa disparition intervient dans un contexte d’émeutes et de manifestations qui touchent l’île actuellement. Le FLNKS espère que justice et vérité soient faites pour Yvan et que la mobilisation du peuple corse aboutisse à une véritable solution politique."

Ecoutez Mickaël Forest, membre du bureau politique, interrogé par Brigitte Whaap et Michel Besse : 

©nouvellecaledonie

Mobilisation (et tension) devant le haussariat

Le vendredi 25 mars, le FLNKS et des nationalistes ont voulu rendre hommage et marquer leur soutien à Yvan Colonna par une mobilisation à Nouméa, devant le haut-commissariat. Elle a été marquée par la tension avec la représentation de l'Etat en Calédonie et les forces de l'ordre, autour d'une banderole. 

Voyez le reportage de Brigitte Whaap et Nicolas Fasquel diffusé le soir-même :

©nouvellecaledonie

Décédé à Marseille

Yvan Colonna est décédé le lundi 21 mars, heure de Marseille. Il se trouvait dans le coma après avoir été agressé par un co-détenu le 2 mars dernier, à la maison centrale d'Arles. Il purgeait une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac le 6 février 1998, à Ajaccio.

Claude Erignac dont on rappelle qu'il a séjourné au milieu des années soixante-dix en Nouvelle-Calédonie, en tant que secrétaire général du représentant de l'Etat. A l'époque Gabriel Eriau, qui portait le titre de "haut-commissaire dans l'Océan Pacifique et aux Nouvelles-Hébrides", "gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et dépendances". A Nouméa, deux endroits ont été nommés en hommage à Claude Erignac : une salle au centre administratif du haussariat, et l'hôtel de la police municipale.