Référendum, période de transition, projet… Ce qu’il faut retenir de l'entretien du sénateur Pierre Frogier

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Sénateur Pierre Frogier, invité du JT, 20 juin 2021
Pierre Frogier, 70 ans, est sénateur de la Nouvelle-Calédonie depuis 2011. ©NC la 1ere

Invité du journal télévisé, Pierre Frogier a commenté dimanche l'actualité autour de l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Le sénateur se satisfait de la date choisie pour la consultation, balaie le principe d'une transition et fait valoir son projet axé sur des provinces plus fortes.
 

Un projet de statut axé sur des provinces aux pouvoirs renforcés. Voilà plusieurs semaines que Pierre Frogier défend sa vision quant à l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

Alors que le calendrier référendaire a été posé par l'Etat, le sénateur LR était dimanche 20 juin l'invité du journal télévisé sur NC la 1ere. Voici ce qu'il faut retenir de son interview.

  • Date du 12 décembre : un choix "très satisfaisant"

Les deux années qui arrivent devraient sceller l'avenir institutionnel du Caillou, avec pour prochaine échéance majeure la troisième consultation, le 12 décembre 2021. "Je pense que c’est très satisfaisant parce que la grande majorité a envie d’en sortir et le plus vite possible", a réagi Pierre Frogier. 

Je ne souhaite pas que lors de cette campagne référendaire, on dise [aux Calédoniens] qu’on a une clause de revoyure en 2022, 2023. Ça n’a pas de sens. On a affaire à une communauté humaine qui a besoin de savoir où elle va. 

Pierre Frogier, sénateur de la Nouvelle-Calédonie 

 

  • Les référendums, "un affrontement identitaire"

Comment le camp non indépendantiste va-t-il organiser les six prochains mois et la campagne qui s’annonce ? "On est au-delà des partis politiques", rétorque l'élu. "Ces référendums, c’est un affrontement identitaire […]. Deux groupes humains qui vivent sur cette terre, qui sont d’importance comparable et qui s’affrontent dans les urnes. Les résultats de ces référendums quels qu’ils soient ne pourront pas conclure au fait que l’un de ces deux groupes humains impose sa loi sur l’autre."

Ce qui est bon pour la population, ce n’est pas ce processus référendaire. Quand vous avez deux groupes humains d’égale importance, à aucun moment [l'un] ne pourra imposer sa loi à l’autre. Sauf dans la violence.

Pierre Frogier

 

  • La période de transition ? "Du baratin"

L’Etat a proposé que le dernier référendum soit suivi d’"une période de convergence et de stabilité" courant jusqu’au 30 juin 2023. Pierre Frogier qualifie cette fameuse "transition" de "baratin du gouvernement". Pour une raison de calendrier : "Il va y avoir une élection présidentielle, en mai 2022. Il va y avoir un nouveau président. Ou alors M. Macron sera réinstallé dans ses fonctions et peut-être avec une majorité différente."

Tout ce qui a été dit ces derniers jours, au-delà de la satisfaction qu’on peut avoir de la date [du référendum], ça n’engage personne.

Pierre Frogier

 

  • Il avance un projet qui "revient aux fondamentaux"

Pierre Frogier a développé son projet d'avenir pour la Calédonie le 4 mai dernier, devant le Sénat. "C’est une brique que je mets au milieu de la table", a-t-il répété sur notre plateau. "Parce que dans la perspective des prochains référendums, je veux proposer un projet dans lequel tous les Calédoniens, quelles que soient leurs convictions, se reconnaissent."

Signataire des Accords de Matignon et de l’Accord de Nouméa, il l’assure : "Au travers de ce projet, je reviens aux fondamentaux de 88. A ce qui a permis dans la nuit du 25 au 26 juin 88 de revenir à la paix et d’écarter cette guerre civile dans laquelle nous nous étions engagés."

Ma proposition : il faut permettre à chacune des provinces de vivre son identité propre. Et c’est par l’addition de ces différente identités, par l’addition des particularismes de chaque province, que la Nouvelle-Calédonie en sortira plus forte.

Pierre Frogier

 

  • "Consterné" par certaines déclarations

Lors de cet entretien, Pierre Frogier a répondu aux questions posées par les internautes. Par exemple son avis sur les propos d’indépendantistes qui pourraient ne pas accepter une troisième victoire du Non aux consultations. L’élu loyaliste s'est dit "consterné par les déclarations de M. Goa, le président de l’Union calédonienne"

L’Union calédonienne a marqué la vie politique depuis le début des années soixante et entendre aujourd’hui ce que j’entends, c’est consternant. 

Pierre Frogier

 

  • Des partenaires "historiques" et "incontournables"

Quoi qu’il en soit, ajoute l’ancien président du Rassemblement, l’UC reste incontournable pour les discussions à venir. "Si on veut retrouver la paix et revenir à ce que nous avons été capables de faire en 1988 et 1998, il faut que les partenaires historiques, non seulement se retrouvent, mais soient à nouveau considérés par l’Etat comme des partenaires incontournables."

Un élu qui fait valoir sa propre légitimité. "Ce qui s’est passé il y a trente ans, c’est le fil rouge", appuie-t-il. "Et si à certains moments, on ne regarde pas dans le rétroviseur pour pouvoir éclairer ce que nous allons faire demain, on est sûrs de se planter."
 
L'intégralité de cet entretien, mené par Laurence Pourtau :