Reprise des discussions, législatives, ONU, bilatérales : ce qu'on peut retenir de l'entretien de Wassissi Konyi, représentant du FLNKS

Wassissi Konyi, invité politique du dimanche 8 mai.
Entre la présidentielle et les législatives, la mouvance indépendantiste au sens large se retrouvait ce week-end à Païta, pour s'accorder sur une position commune lors des prochaines échéances politiques concernant la Nouvelle-Calédonie. Membre du bureau politique du FLNKS, Wassissi Konyi était l'invité du dimanche pour en parler au JT.

Les séquences politiques se succèdent. Le chef de l'Etat a pris ses fonctions. Le premier tour des législatives a lieu dans un peu plus d'un mois. Les négociations sur le futur statut de la Calédonie se profilent. Au terme de deux congrès qui ont réuni le monde indépendantiste eu sens large, Wassissi Konyi était invité pour en parler au JT de NC la 1ère. Voici ce qu'on peut en retenir.

Deux congrès, une logique

Quarantième congrès du FLNKS, samedi, à Païta. Congrès populaire, dimanche au même endroit. Pourquoi ? "La première séquence est surtout destinée aux membres du FLNKS signataires de l'Accord de Nouméa. Ce sont eux qui ont porté l'Accord jusqu'à présent", explique Wassissi Konyi. "Après, ce sont les mouvements en-dehors du FLNKS qui ont besoin, aussi, de s'exprimer. C'est le congrès populaire. On a invité les forces progressistes, nationalistes, à venir dire ce qu'ils pensent des discussions sur l'avenir."

Vers la reprise des discussions 

Au lendemain de la consultation référendaire, ces discussions étaient rompues, les indépendantistes attendant l'élection de l'équipe suivante. Or, Emmanuel Macron a été investi samedi. "Les discussions vont reprendre", confirme le représentant du FLNKS. "Ce qu'on a noté, simplement, dans le discours qu'il a prononcé pour commenter les élections, c'est qu'il oublie fortement de parler des abstentionnistes et de la non-participation. Il y a quand même 56 % des gens qui n'ont pas voté. Je considère ça comme quelque chose qui est négligent par rapport au FLNKS et à l'ensemble du mouvement indépendantiste. 56 %, c'est la base sur laquelle il faut qu'on négocie avec l'Etat." Avec un message :

On ne touche pas aux acquis de l'Accord de Nouméa, concernant le corps électoral, concernant l'inscription de la Nouvelle-Calédonie à l'ONU et concernant surtout le transfert des compétences régaliennes.

Wassissi Konyi, BP du FLNKS

Les législatives pour avoir un relais à Paris

Les élections législatives ont lieu les 12 et 19 juin, inscriptions closes le 20 mai. "Ce [dimanche] matin, la motion qui a été adoptée, c'est qu'il faut deux candidats uniques", précise Wassissi Konyi. "On a recueilli des candidatures. Il faut que cette semaine, le bureau politique s'attelle à regarder les (…) meilleurs candidats possibles pour nous représenter." En rappelant l'intérêt de cette démarche : "Depuis 2002, les indépendantistes ont toujours participé aux élections législatives parce qu'il s'agit de regarder l'application de l'Accord de Nouméa. Et le suivi, surtout. On avait besoin de quelqu'un en France."

Une délégation aux Nations unies

Besoin d'un relais au niveau de l'Assemblée nationale, mais aussi des Nations unies. Le membre du bureau politique FLNKS annonce qu'une délégation est partie ce dimanche pour assister à un séminaire de décolonisation. Plus exactement le séminaire régional pour le Pacifique, organisé par le comité de décolonisation du 11 au 13 mai, à Sainte-Lucie (c'est dans les Caraïbes). "La question de la non-consultation ou de la protestation dans la consultation va être débattue à l'ONU (…) Et on va demander à l'ONU de regarder à leur niveau la question de l'accompagnement de notre pays vers l'indépendance."

Les bilatérales, "c'est possible"

Wassissi Konyi a ensuite explicité la notion de discussions bilatérales sur l'avenir. Fini, le Comité des signataires, le format Leprédour et les échanges avec le camp non-indépendantiste ? "C'est un format qu'on a adopté en 98. On a discuté avec l'Etat pendant quinze jours pour asseoir les bases des discussions", rétorque-t-il. "On a discuté avec le ministre, ça peut se faire. Donc c'est des discussions avec l'Etat sans les autres, et l'Etat peut discuter avec les autres, sans nous." 

"L'Etat et la droite locale sont ensemble"

Pourquoi cette volonté ? "La première raison : on a vu que l'Etat, avec les loyalistes ici, ont saboté la fin de l'Accord de Nouméa", assène le membre du Palika. "Même pendant la désignation des législatives, Macron impose ses candidats en Nouvelle-Calédonie (…) Ça veut dire que l'Etat et la droite locale sont ensemble. Dans ce cas-là, ce n'est pas la peine qu'on discute avec la droite locale ici, il faut qu'on discute avec l'Etat, c'est pareil".

Vers une extension du front ? 

"Les autres groupes indépendantistes peuvent-ils intégrer le FLNKS ?", interroge un internaute? "C'est un souhait que le congrès du FLNKS a indiqué. On a un groupe désigné pour regarder comment on pourrait intégrer les autres groupes nationalistes et indépendantistes", répond Wassissi Konyi. "Le FLNKS a-t-il encore une raison d'être ?", demande un autre, questionnant la place des femmes et des jeunes dans le front. "C'est la question des générations qui pose problème", estime l'invité. "Parce que ceux qui ont signé l'Accord sont encore là (…) Il faut qu'ils soient là pour discuter parce que c'est eux qui emmènent l'esprit et la lettre de l'Accord." Dernière question, "Qu'avez-vous promis à l'Eveil océanien pour qu'il change d'avis ?"

Réponse, et entretien complet avec Yvan Avril :

©nouvellecaledonie

Le lendemain, Wassissi Konyi était l'invité de la matinale radio d'Anne-Claire Lévêque. A écouter ici