Une centrale électrique temporaire sur barge attendue à la SLN

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La future barge sera alimentée par le réseau de fioul de la SLN (projection numérique) ©SLN / Eramet
Le futur équipement arrivera de Turquie par la mer, au début du deuxième semestre, et fournira les 180 mégawatts nécessaires au bon fonctionnement des trois fours de Doniambo. En location pour 3 ans, cette centrale sur l'eau fera office de solution provisoire jusqu'à la construction de la centrale pays, toujours dans les cartons.

Une centrale électrique flottante viendra bientôt rejoindre le complexe industriel de Doniambo. En jargon professionnel, on appelle cela une CAT, une centrale accostée temporaire. Cet équipement arrivera de Turquie et sera en location pour 3 ans.

Elle remplacera l’antique centrale B, amputée d’un quart de sa puissance depuis l’accident de mai 2021, qui avait causé la mort d'une employée d'Enercal. De quoi retirer une sérieuse épine dans le pied de la SLN.

"Pendant la seconde moitié de l'année, compte tenu de la sécheresse, le barrage de Yaté ne pouvait plus fournir assez d'électricité. Or, la centrale B, qui a perdu une unité au mois de mai, l'an dernier, n'était pas capable de compenser l'ensemble, explique Guillaume Verschaeve, le directeur général de la Société le Nickel. Donc, par moments, on a dû réduire la puissance de nos fours ou acheter, sur le réseau, des énergies à des coûts extrêmement élevés, qui nous ont coûté quasiment 2 milliards supplémentaires sur l'année." 

Guillaume Verschaeve directeur général de la Société le Nickel
Guillaume Verschaeve directeur général de la Société le Nickel ©Cédric Michaut / NC la 1ère


Une vraie usine flottante

Cette barge de 140 mètres de long par 42 mètres de large affiche un tirant d'eau de 5 mètres seulement. Une véritable usine flottante, alimentée au fioul et capable de produire une puissance garantie de 180 mégawatts à 63 000 volts pour alimenter les trois fours de la SLN. 

"Sur une centrale de ce type-là, on a ce qui se fait de dernière génération en terme de groupes électrogènes, avec un rendement très intéressant, en tous les cas sans commune mesure avec un rendement de chaudière qui a 50 ans, maintenant, précise Paul Lawi, le responsable stratégie énergie, en charge du projet CAT. Donc ce gain de rendement se retrouve aussi dans la quantité de fioul qui est consommée. Pour la même quantité d'énergie, on va consommer moins de fioul et donc émettre moins de gaz, ce qui fait que l'impact environnemental sera amélioré par rapport à aujourd'hui". 

Une solution transitoire

Comparativement, cette CAT permettra de réduire les émissions de souffre et de CO2 de 30 % environ. Tout cela pour un prix de 15 francs du kilowatt-heure équivalent, malgré le montant de la location.

Cette solution reste transitoire jusqu’en 2025, date théorique de la mise en service de la future centrale pays, dont les travaux n'ont pas encore commencé. 

Les précisions de Bernard Lassauce et Cédric Michaut

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