L’Union Calédonienne déplore une collégialité "piétinée" et un manque de neutralité de l'Etat

référendum
UC : compte-rendu des décisions du comité directeur 4 juin 2020
©Brigitte Whaap
Le parti déplore une collégialité "piétinée" au sein du gouvernement avec le choix du président de l'exécutif de signer, seul, un prêt de 28,5 milliards FCF. Il dénonce le manque de neutralité de l'Etat en autorisant l'utilisation du drapeau national français dans la propagande référendaire.  
 

Fait politique de cette conférence de presse : l'Union Calédonienne affirme que le président du gouvernement a engagé lui même, le pays et plusieurs générations en signant, seul, le prêt de l'AFD garanti par l'Etat d'un montant de 28,5 milliards F CFP. 

Cette déclaration vient confirmer celle d'un autre parti. Calédonie Ensemble, dénonçait précisément, hier, mercredi 3 juin, cette absence de collégialité sur ce point.

 

Le prêt de l'AFD : le président du gouvernement a engagé lui seul le pays

"Il a engagé lui-même, le pays.
Il engage lui seul, plusieurs générations par rapport à son choix de signer tout seul.
Donc, au minimum, il aurait dû partager cela en collégialité, au minimum."

Pierre Chanel Tutugoro, secrétaire général de l'Union Calédonienne

 
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Le projet de réforme du code minier


L’Union Calédonienne rappelle également être opposée « au projet de la SLN et de VALE, soutenu par l’Avenir en Confiance, d’exporter le minerai brut des gisements de Tiébaghi et de Goro. »
 

" Aujourd'hui, nous considérons que ces demandes qui viennent télescoper cette vision que nous avons, ce sont des fuites en avant parce que la SLN a déjà eu 4 millions F CFP d'autorisation à l'export, 20 milliards FCFP d'aides de l'Etat, mais elle est toujours en difficulté.

On ne peut pas considérer qu'il faut les traiter  [ces demandes ] de manière précipitée parce que ces entreprises sont en difficulté, il faut regarder l'intérêt du pays, il faut regarder l'intérêt de la population calédonienne. Et de quelle manière, on valorise au mieux l'exploitation de cette ressource qui n'est pas renouvelable."

Gilbert Tyuienon, vice-président de l’UC

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Le deuxième référendum en question ?

La date et l'utilisation du drapeau de la République Française par les non indépendantistes lors de la campagne référendaire, sont deux points essentiels à l'organisation du deuxième scrutin. 
Ils seront discutés en commission interne au congrès semaine prochaine. Le groupe UC FLNKS devrait proposer qu'ils fassent l'objet d'un débat en séance publique au Congrès.
 
  • Contre la date du 4 octobre
Les membres de l'UC répète qu'ils souhaitent que ce deuxième référendum se tienne le 25 octobre afin de maintenir, comme initialement prévu, un intervalle de deux mois entre le second tour des municipales et ce scrutin référendaire. 
  • Contre l'utilisation du drapeau de la République Française 
L’UC demande à ce que l’Etat clarifie ses relations en revenant sur des relations bilatérales sous le format « colonisé-colonisateur ». Pour le parti, la neutralité de l'Etat est remis en cause avec cette autorisation d'utiliser le drapeau : symbole national d'un état indépendant, la France, face au droit politique d'un peuple à disposer de lui-même.
 

" Être indépendantiste, ne signifie pas être contre la France."

Gilbert Tyuienon, vice-président de l’UC


 

Le transport de militaires 

L’Union Calédonienne rappelle qu’elle a « toujours été opposée à l’arrivée des militaires et des gendarmes » qu’elle considère être « une population à risque ».

« Il reste encore 126 Calédoniens aujourd’hui à rapatrier sur les listes du gouvernement. Le pays doit d’abord s’occuper de ses ressortissants.
Ce n’est pas vital de ramener les militaires. »


Gilbert Tyuienon, vice-président de l’UC

 
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Le parti indépendantiste souhaite le départ du Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie et du Commandant des Forces Armées.
 

« [Leurs] agissements piétinent la collégialité et la répartition des compétences prévues par l’Accord de Nouméa et la loi organique, au nom de la crise du Covid .»

Pierre Chanel Tutugoro, secrétaire général de l'Union Calédonienne



Reportage Brigitte Whaap et Franck Vergès

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