Nouvelles mesures sanitaires : inquiétudes des professionnels du tourisme

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pension de famille
©Polynésie la 1ère

Les vols internationaux pourraient bientôt être suspendus. Une conséquence directe des dernières contraintes sanitaires prises dans l’Hexagone. Tous les voyages depuis et vers les Outre-mer doivent désormais répondre à des motifs impérieux. Les prestataires ont du mal à encaisser la nouvelle. 

Les propriétaires de pension de famille ne cachent pas leur amertume. Après une année 2020 difficile, la saison 2021 s’annonce mal. "On doit rembourser des clients qui ont dû annuler leur séjour en 2020, explique Gahina Bordes, propriétaire d’une pension de famille à Fakarava. Pour les impôts, on a demandé des reports, mais on continue de prendre des majorations. Les charges patronales ont augmenté au 1er janvier, on ne va plus pouvoir payer notre CPS. C’est normal ? Où est la solidarité ? […] on est tous en train de tirer sur la sonnette d’alarme : au secours, on suffoque !"

La présidente de l’association du tourisme authentique, Mélinda Bodin, ne cache pas son inquiétude pour le secteur : "Toutes les petites îles dont les habitants travaillent autour du tourisme : qu’est-ce qu’on va faire ? Quels sont les moyens que le Pays va mettre en place pour venir pallier ce manque ?"

 

« Les hôtels de Bora vont certainement tous fermer »

Christophe Guardia, co-président du conseil des professionnels de l'hôtellerie

 

Même constat du côté des hôtels. Avec l’annonce des nouvelles contraintes sanitaires dans l’Hexagone, le conseil des professionnels de l’hôtellerie compte une fois encore sur la clientèle locale. "Les établissements vont être touchés de manière inégale, envisage Christophe Guardia, co-président du conseil des professionnels de l’hôtellerie. Les hôtels de Bora par exemple, vont certainement tous fermer. Sur Tahiti et Moorea, on a une fréquentation de clientèle locale qui est un petit peu plus importante. Il y a des hôtels qui seront peut-être fermés certains jours de la semaine et ouverts le week-end parce qu’on sait que la clientèle locale fréquente les établissements."

Même tension du côté de l’aéroport. En 2020, le trafic aérien a déjà baissé de 57% par rapport à 2019, selon les chiffres d’ADT. "Nous avons déjà mis en place une réduction de temps de travail pour l’ensemble du personnel de l’entreprise, explique Jean-Michel Ratron, directeur d’ADT. Nous avons un comité de direction lundi pour commencer à évaluer les prochaines mesures à proposer." Une allocution Etat-Pays est attendue dans les jours à venir. Mais d’ores et déjà, les forces vives de Polynésie redoutent une possible suspension des vols la semaine prochaine.