Ice : elle marche dans les pas de son fils

justice tahiti
CI Ice mère suit fils
©Axelle Mésinèle / Polynésie 1ère
Une quinquagénaire a été condamnée, ce lundi 16 août, par le tribunal correctionnel, pour avoir transportée de l’ice en Polynésie. 27 grammes dissimulés dans des lampes solaires. Son fils, une mule, avait écopé d'une peine, en octobre dernier, dans le volet international de l’affaire Sarah Nui.

Les enfants suivent en général les traces de leurs parents. Cette fois, c’est une mère qui marche dans les pas de son fils. Le jeune homme purge actuellement une peine écopée dans le volet international de l’affaire Sarah nui. Il a fait la mule entre le Mexique et Tahiti et est actuellement sous bracelet électronique... chez sa mère. Une mère qui affirme vouloir aider son fils mais qui décide lors d’un voyage à Los Angeles, de passer sur le plage de Venice et d'acheter de l’ice. 

Elle en prend 27 grammes, soit une once, pour 500 dollars, soit un peu plus de 50 000 francs. « Il m’aurait vendu 5 grammes, j’aurais pris 5 grammes » déclare la quinquagénaire. Elle achète l'ice à un dealer sous une tente. C’est lui qui conditionne la drogue en trois boudins et la dissimule dans les pieds de trois lampes solaires. Des boudins qu’il badigeonne de piments pour « tromper les chiens » explique-t-elle. Du flair, c’est un douanier qui en aura. Samedi, à son arrivée à l'aéroport de Tahiti Faaa, pendant qu’elle fait sa déclaration en douane, il passe les lampes au scanner et découvre la drogue.

La prévenue affirme que la drogue était destinée à sa consommation personnelle, pas à son fils, ni à la revente. Comment cette mère de deux enfants dont un mineur de 16 ans, en est-elle arrivée à cette extrémité ? Parce qu’elle traversait un moment difficile. Elle a porté plainte contre son beau-père pour agressions sexuelles, des faits qui se seraient produits quand elle était enfant, raconte-elle en pleurs aux magistrats. « J’ai perdu la notion du bien et du mal » s’est-elle justifiée.

La patentée qui vend des sacs en ligne indique ne rien connaître à la vente de méthamphétamine, ne pas savoir que le gramme se vend 300 000 francs, voire 500 000 francs s'il est vendu en ten. Dans sa plaidoirie, son avocat a indiqué que sa cliente n’était pas une trafiquante, c’est « une mère responsable qui a commis une erreur… idiote ». Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur et a condamné la prévenue à 24 mois de prison dont 6 mois avec sursis probatoire de 2 ans. Elle devra se soigner, travailler et payer l’amende douanière de 8 100 000 francs. Un mandat de dépôt a été prononcé.