Ice en Polynésie : au moins 10 000 consommateurs

drogue polynésie française
Ice, t'es cuit ©Polynésie la 1ère
L'ice est un véritable problème de santé publique en Polynésie française. On recense au moins 10 000 consommateurs de métamphétamine sur 276 000 habitants, rapporte le procureur général de la cour d'appel de Papeete.

La lutte contre l'ice est inscrite dans la liste des priorités du gouvernement. Elle fait partie du plan de réduction des conduites addictives.

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En Polynésie française, on recense au moins 10 000 consommateurs de métamphétamine, sur 276 000 habitants. Si la délinquance a baissé en 2021, selon les chiffres dévoilés par le conseil de la prévention de la délinquance qui s'est tenu à huit clos le 25 janvier 2022, le nombre d'usagers de l'ice, eux, ne diminuent pas. 

"Le mot 'merde' (...) résume assez bien la réalité de ce produit qui est à la fois très addictif et désocialise complètement les personnes qui le prennent" rapporte Thomas Pison, procureur général près la cour d’appel de Papeete. Selon une étude menée par deux doctorantes de la Maison des Sciences de l'Homme du Pacifique en août 2021, la métamphétamine serait la drogue la plus consommée en Polynésie.

800 000 cfp le gramme

Acheté une dizaine de dollars américains aux Etats-Unis, ce produit est revendu à prix d'or sur le territoire - jusqu'à 800 000 cfp le gramme. Pour lutter contre le trafic, le Pays a établi une coopération policière et judiciaire étroite avec les Etats-Unis. 

Lorsque cette drogue a commencé à circuler en Polynésie, elle était réservée à une élite. Aujourd'hui, elle concerne tous les échelons de la société. Les écoles aussi sont touchées, regrette Thomas Pison :

C'est cela qui m'inquiète. Au-delà du pénal, c'est un vrai problème de santé publique.

En effet, la justice ne prend pas en charge les consommateurs. Dans leur cas, il s'agit d'une problématique d'ordre médical. 

Le procureur général pense qu'il faudrait redoubler d'efforts au niveau des actions de prévention, car la répression ne suffit pas, selon lui.

Thomas Pison était interrogé par Ibrahim Ahmed Hazi mercredi 26 janvier 2022 :

Thomas Pison, procureur général près de la cour d'appel de Papeete

En Polynésie, il n’existe pas de centre de cure pour les toxicomanes malgré les ravages provoqués par cette drogue, les difficultés pour s’en débarrasser et surtout pour se réinsérer. En attendant, vous pouvez uniquement vous tourner vers le centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie de Tahiti. 

Notre journaliste Lucile Guichet-Tirao a réalisé un documentaire sur le sujet, "Sana, le cristal qui consume", qui sera présenté au FIFO 2022