Brigitte Bardot et "les gènes de sauvages" des Réunionnais : décision ce jeudi

racisme
Brigitte Bardot.
Brigitte Bardot. ©ERIC FEFERBERG / AFP
C’est cet après-midi que le tribunal correctionnel de Saint-Denis rendra son jugement dans l’affaire d’injures raciales reprochées à l’ex-actrice de 87 ans. En mars 2019, dans un courrier adressé au préfet, elle avait multiplié les termes insultants à l’égard de la population réunionnaise.

Brigitte Bardot va-t-elle accrocher une nouvelle mention à son casier judiciaire ? Coutumière des phrases outrageantes lui ayant déjà valu plusieurs condamnations pour injures publiques, provocation à la haine raciale ou diffamation, l’ex-égérie des sixties engagée pour la cause animale s’était à nouveau signalée en mars 2019 à travers un courrier incendiaire adressé au préfet.

La "lettre ouverte", sous prétexte de s’alarmer du traitement des animaux à la Réunion, multipliait les dérapages à l’égard des habitants de l’île, évoquant "des autochtones ayant gardé leurs gènes de sauvage", une "population dégénérée encore imprégnée des traditions barbares qui sont leur souche" ou encore des "réminiscences de cannibalisme des siècles passées."

"Tribune xénophobe intolérable"

Envoyée à plusieurs médias de l’île, cette missive avait aussitôt suscité des réactions indignées et plusieurs plaintes, dont celle du représentant de l’Etat ou encore du député Jean-Hugues Ratenon.

Parties civiles à l’audience qui s’est tenue le 7 octobre dernier, plusieurs associations de lutte contre le racisme ont fustigé les propos de l’ex-actrice de 87 ans, déplorant, à l’image de Me Fabrice Saubert pour la Ligue des Droits de l’Homme, "une tribune xénophobe intolérable."

Retrouvez le reportage de Réunion la 1ere du 7 octobre 2021 :

 

"Des termes injurieux, graves et répétés, typiques des injures racistes"

Bérengère Prud'homme, procureure-adjointe au tribunal judiciaire de Saint-Denis

 

Le ministère public n’avait pas été en reste, la procureure-adjointe Bérengère Prud’homme dénonçant "des termes injurieux, graves et répétés visant des citoyens dans leur ensemble, typiques des injures racistes" d’autant plus"inadmissibles venant d’une personne qui utilise sa notoriété pour défendre une cause et qui sait que ses propos auront un écho particulier."

25 000 euros d’amende requis

La peine de 25 000 euros d’amende, ainsi que l’affichage de la décision aux frais de la prévenue, avaient été requis. Egalement poursuivi pour avoir adressé le courrier incriminé à diverses rédactions de l’île, le responsable de la communication de la fondation Bardot voyait une amende de 5 000 euros réclamée à son encontre.

Absents tous deux à l’audience, Brigitte Bardot et son employé étaient représentés par Me Catherine Moissonnier, qui avait plaidé la relaxe en contestant le caractère public des injures, et rappelé les excuses formulées par l’ex-actrice dans les jours suivants le tollé provoqué par la lettre.

Un texte écrit "dans un moment de colère et d’égarement", et pour lequel l’actrice exprimait ses regrets, notamment "d’avoir mis tous les Réunionnais dans le même sac."