Incendie mortel de Montgaillard : les deux gardes à vue levées, l’enquête s'oriente toujours vers un incendie volontaire

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 Périmètre de la résidence Marina toujours bouclé pour sécurisation
©Antoine Garnier
Dans le cadre de l’enquête sur l’incendie qui a causé la mort de 5 personnes à Montgaillard dans la nuit de dimanche à lundi, les deux mineurs qui avaient été placés en garde à vue ne font l'objet d'aucune poursuite. L'enquête s'oriente toujours vers la piste de l'incendie volontaire.

"Aucun élément ne permet d’incriminer qui que ce soit à ce stade". Le communiqué de la procureur de la République est clair. Les deux mineurs, qui avaient été placés en garde à vue ce lundi suite aux témoignages d'habitants de l'immeuble sont ressortis du commissariat,  ne font l'objet d'aucune poursuite.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l’incendie qui a ravagé l’immeuble "Marina", situé rue de la Vierge dans le quartier de Montgaillard, à Saint-Denis, a causé la mort de 5 personnes parmi lesquelles 4 enfants. Tandis que la prise en charge des sinistrés s’est organisée au gymnase de Champ-Fleuri, où affluent les dons, l’enquête pour déterminer la raison de ce drame se poursuit.

L'enquête se poursuit

Ce mardi matin, la procureure de la République de Saint-Denis avait confirmé que 2 mineurs se trouvaient en garde à vue. Le premier suspect avait été interpellé puis entendu dès ce lundi, au lendemain du drame, par les policiers de la brigade de la sûreté départementale. Après les avoir auditionné, aucun élément à charge n'a été retenu contre eux, indique le Parquet.

Les enquêteurs restent néanmoins sur la piste d'un incendie volontaire. Une information judiciaire va être ouverte dans les jours à venir. "En raison de la complexité de ce dossier et de la multiplicité des investigations à mener", deux magistrats instructeurs pourraient en être saisis.

La piste de l'incendie volontaire privilégiée

"En raison de l’existence d’un autre départ de feu à quelques centaines de mètres et de différents témoignages, il a été décidé de mener l’enquête des chefs de destruction volontaire par incendie, ayant entrainé des blessures, puis ayant entraîné la mort", explique la procureure dans son communiqué. 

Cette piste de l'incendie volontaire est corroborée par plusieurs témoignages d'habitants, qui ont vu la nuit du drame, ce canapé enflammé. Les résidents ont aussi témoigné de précédents incendies, notamment l'un près d'une boîte aux lettres de l'immeuble il y a quelques mois.

Si l'infraction de "destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes ayant entraîné la mort" était retenue, la peine encourue peut aller jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité.

Le point sur l'enquête dans ce reportage de Réunion La 1ère :

Enquête : garde à vue levée pour les deux mineurs ©Réunion la 1ère

Des experts pour analyser l'ampleur de l'incendie

Ce mardi 14 décembre au matin, les analyses ont commencé sur les lieux du drame. "Un expert judiciaire a été requis afin de rechercher la cause de l’incendie." indique également le Parquet. Ces opérations d’expertise pourraient durer une semaine. Le problème majeur restant  "la possibilité d’accéder ou non en toute sécurité, aux étages."  

L'institut médico-légal réalise de son côté l'autopsie des corps des défunts, afin de procéder à leur identification. Une étape malheureusement nécessaire avant que les famillles ne récupèrent les corps de leurs proches pour réaliser leurs obsèques. Enfin, les services de médecine légale vont examiner les personnes blessées.

Des questions à venir

Au-delà de l'origine du feu, des questions se posent aussi sur la rapidité de propagation de l'incendie. Pourquoi s'est-il propagé aussi vite sur les 4 niveaux ? Y a-t-il eu un dysfonctionnement des systèmes d'alarme? 

"Il est trop tôt pour parler de mise en cause d'un élement particulier, une enquête va avoir lieu " indique le directeur de la SIDR, interrogé ce matin sur Réunion la 1ère. Pour Thierry Ouillon "Nous sommes sur un bâtiment de 2014. Ce bâtiment très récent est suivi, comme tous les autres bâtiments de la SIDR, en terme d'entretien." Concernant les dégradations signalées par les locataires, l'immeuble n'était " pas plus pas moins" touché par ces problématiques que d'autres logements gérés par la SIDR, précise le directeur.

Une autre question à laquelle les experts et les enquêteurs vont devoir répondre : celle d'un éventuel dysfonctionnement des alarmes incendie. Plusieurs témoins affirment qu'elles n'ont pas fonctionné.