Mayotte : François Hollande réagit aux expulsions de Comoriens par des Mahorais

Le président de la République, François Hollande, a évoqué les violences à Mayotte lors du conseil des ministres de ce mercredi 18 Mai 2016. Il a appelé à une « extrême vigilance » concernant les « initiatives citoyennes » qui visent à déloger les Comoriens.
Tous les jours des affrontements opposent Mahorais et Comoriens. Depuis le début de l’année, les locaux expulsent manu-militari les clandestins installés dans des cases construites sans autorisation en périphérie des villes et des villages.
L’immigration comorienne en kwasa-kwasa (barque en fibre construite à Anjouan) ne date pas d’hier, mais elle s’est accélérée depuis l’avènement de la départementalisation de Mayotte le 31 Mars 2011.
Pour les voisins (voire cousins) des Mahorais, ce changement de statut a été une incitation à la course vers les prestations sociales françaises.
 Poignardé en récupérant son fils au judo
 
Fin Mars 2016, l’intersyndicale de Mayotte lance une grève générale pour obtenir l’égalité réelle concernant ces fameuses prestations sociales. Désormais département français, Mayotte veut obtenir les mêmes subsides qu’un département de Métropole.
Ces manifestations connaissent un vif succès, mais vont déraper.
Le 15 Avril 2016 vers 20 heures, Christophe, un Métropolitain de 38 ans, est poignardé en pleine rue dans le quartier de Kawéni à Mamoudzou alors qu’il vient récupérer son fils au judo.
 
Les villageois expulsent les clandestins
Ce fait divers n’avait pas de lien direct avec les manifestations pour l’égalité réelle, mais il est à l’origine des manifestations contre les immigrés qui dégénèrent depuis.  
Après une marche blanche pour dénoncer ce crime et l’insécurité grandissante sur l’île au parfum, des groupes de villageois ont décidé d’expulser eux-mêmes les étrangers. Une action qui avait débuté en Janvier 2016 et qui a repris et s’est amplifiée depuis le 15 Avril.
Ils reprochent aux Comoriens en situation irrégulière d’être à l’origine de l’explosion de la délinquance, de contribuer à la surcharge du système de santé (maternité encombrée) et des établissements scolaires.
 
Les forces de l’ordre prises pour cible
 
Pour mettre un terme à cette installation des clandestins, les opposants se livrent à une chasse à l’homme parfois violente, n’hésitant pas à détruire les cases en bois sous tôles occupées par les clandestins…
Des renforts de gendarmes mobiles et des CRS ont été envoyés sur l’île depuis la mi-avril, mais les expéditions punitives continuent.
Comoriens et Mahorais se retournent immanquablement contre les forces de l’ordre quand celles-ci veulent s’interposer.
Une situation très inquiétante évoquée par le président de la République lors du conseil des ministres ce mercredi 18 Mai 2016.
 
Au total on estime que plus d’un millier de Comoriens ont été expulsés lors de ces opérations coup de poing des villageois mahorais depuis le début de l’année.