Meurtre présumé de la Souris Chaude : le difficile travail des enquêteurs pour reconstituer les dernières heures d'Alain Mounoussamy

meurtre trois-bassins
Comment Alain Mounoussamy a-t-il trouvé la mort ? Près de quinze jours après la découverte du corps du quinquagénaire sur la plage de la Souris Chaude, le mystère reste entier même si la piste criminelle est privilégiée. Proches et enquêteurs tentent de reconstituer les dernières heures de la victime.

C'est une enquête qui s'annonce longue et difficile. Près de deux semaines après la découverte du corps d'Alain Mounoussamy sur la plage de la Souris Chaude, à Trois-Bassins, les enquêteurs de la brigade de recherches de Saint-Paul et de la section de recherches de Saint-Denis sont dans l'impasse.

Les gendarmes qui travaillent désormais sous le contrôle d'un juge d'instruction saint-pierrois, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte contre X pour "vol précédé, accompagné, ou suivi de violences ayant entraîné la mort", espèrent en savoir davantage sur les circonstances de ce décès grâce à l'analyse des prélèvements envoyés dans un laboratoire marseillais.

Un fastidieux travail de terrain

Mais les résultats de ces expertises anatomopathologiques et toxicologiques ne devraient pas être connue avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. C'est peut-être l'ultime chance de comprendre les circonstances de ce meurtre présumé. Car l’autopsie déjà pratiquée n’a pas permis d'en savoir plus. Des traces suspectes ont bien été retrouvées mais ces blessures ne seraient pas mortelles, bien qu'elles soient susceptibles d'avoir pu entraîner un malaise mortel.

Si la piste de l'agression crapuleuse est privilégiée, c'est aussi parce qu'aucune des affaires de la victime de 52 ans n'ont été retrouvées sur les lieux. Son corps gisait nu, dans l'eau, au niveau d'une cavité rocheuse, lorsqu'il a été découvert dans l'après-midi du samedi 14 mai. Seule sa voiture a été retrouvée sur le parking de la plage.

Les gendarmes ont commencé à interroger les habitués du site. Une plage où se retrouvent aussi bien des surfeurs que des pêcheurs, mais qui est également connue pour être un spot pour les nudistes, comme pour les personnes en quête de rencontres discrètes.

Les interrogations d'un proche

Les enquêteurs tentent également de reconstituer l'emploi du temps de la victime. Un travail là encore fastidieux. Et ce samedi-là, Alain Mounoussamy "n'avait aucune raison de se rendre sur cette plage", à en croire l'un des membres de sa famille qui a accepté de se confier à Réunion La 1ère.

"Alain avait un rendez-vous et il devait ensuite aller chercher un ami à l'aéroport", nous confie ce proche qui a souhaité rester anonyme. "Il avait aussi des courses à faire parce qu'il avait prévu d'aller voir sa mère le lendemain". Un planning qui lui laissait ainsi peu de place pour une virée à la Souris Chaude.

Originaire de Terre-Sainte à Saint-Pierre

C'est l'ami qu'Alain Mounoussamy devait aller chercher à l'aéroport qui a prévenu sa famille. Inquiet de ne pas le voir arriver, il a donné l'alerte et l'inquiétude s'est peu à peu transformée en angoisse après que les proches du quinquagénaire aient constaté qu'il ne répondait pas au téléphone et qu'il n'était pas non plus à son domicile.

Si Alain Mounoussamy disposait d'un logement de fonction au collège possessionnais Raymond-Vergès, dont il était le principal, il était également le propriétaire d'une maison à Saint-Gilles-les-Hauts, où les enquêteurs n'ont rien relevé de suspect.

La victime était bien connue dans la région Ouest, du fait de sa carrière au sein de l'Education nationale, mais elle était originaire du quartier de Terre-Sainte, à Saint-Pierre, où vivent toujours la plupart de ses proches.

"Du mal à croire qu'on ait voulu lui faire du mal"

Son corps a été inhumé au cimetière de Saint-Pierre. Lundi 30 mai, jour de rentrée après quinze jours de vacances scolaires, un hommage lui sera rendu dans le collège qu'il dirigeait depuis 2020.

"C'était quelqu'un de très apprécié, donc on a du mal à croire qu'on ait voulu lui faire du mal", nous confiait la semaine dernière Christopher Camachetty, un élu de La Possession qui a aussi été l'élève d'Alain Mounoussamy lorsque celui-ci était encore professeur au lycée hôtelier de Plateau-Caillou dans les années 2000.

Proches et amis espèrent que l'enquête finira par mener à l'identification du ou des suspects. Mais il faudra vraisemblablement faire preuve de beaucoup de patience à moins d'un rebondissement dans l'enquête.